samedi , 18 novembre 2017
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Annas se dévoue corps et âme à sa mère, Begum, amputée du pied droit et malvoyante
Annas se dévoue corps et âme à sa mère, Begum, amputée du pied droit et malvoyante

Annas, 12 ans, s’occupe seul de sa mère amputée et malvoyante

C ‘est l’histoire émouvante et pathétique d’un jeune garçon de 12 ans, Annas, qui se dévoue corps et âme à sa mère, Begum, amputée du pied droit et partiellement aveugle. Il lui donne à manger, change sa couche et l’aide à prendre un bain.L’amour d ;un enfant pour sa mère est le plus pur qui soit. Il est absolu. Alors que la plupart petits garçons de son âge gambadent en plein air ou plongent dans l’univers magique de des jeux vidéo, Annas, 12 ans, reste aux petits soins auprès de sa mère. C’est l’amour profond et sans bornes qu’il lui porte qui lui permet de faire un tel sacrifice à cet âge.

Elle pleure sur le destin de son fils

Alors que les musulmans célèbrent la fête Eid-ul-Fitr dans la joie et l’allégresse après un mois de jeûne, une famille musulmane accablée par l’extrême pauvreté, n’a pas eu la chance de connaître cette joie. Nous avons rendu visite à Begum Mangalkhan, 46 ans, amputée du pied droit et partiellement aveugle. La maison en tôle qu’elle occupe avec son fils à la rue Alma est coincée au fond d’une cour.

Dans sa petite chambre, outre le minuscule lit dans lequel Begum est obligée de dormir avec son fils, on ne voit aucun meuble, aucune chaise, aucune table. La nuit venue, mère et fils grelottent sûrement de froid. On peut imaginer Anaas se blottissant contre sa mère pour chercher à se réchauffer. Begum ne pleure pas sur son destin mais sur celui de ce fils admirable et courageux. Chaque matin avant de partir pour l’école, il aide sa maman à faire sa toilette, change sa couche et lui donne son thé. Chaque après-midi, à son retour de la madrassa, il parvient, après bien des efforts, à la faire sortir à l’’extérieur, et, derrière une feuille de tôle, il lui fait prendre son bain dans une cuvette d’eau glacée.

Elle reste digne et fière

Ensuite, il part récupérer de la nourriture chez sa tante et aide sa mère à manger. Celle-ci se plaint que les objets qu’elle regarde sont comme voilés par un brouillard et pleure à chaudes larmes. « Mo demande Allah duah garde moi jusqu’à mo Annas gagne 15 ans pou li capave continuer guette moi », dit-elle. Elle souffre de diabète et à la suite de certaines complications, les médecins lui ont amputé le pied droit. Elle souffre aussi de troubles cardiaques et d’autres complications pulmonaires. Malgré, ses difficultés, elle reste digne et fière. Elle nous prie d’aider d’autres personnes plus vulnérables.

« Mo rémercier mo Kala et banne voisins ki donne moi manger. Ena dimoune pena manger ditout », laisse-t-elle entendre. Cependant, elle sait que son souhait de mourir dans la dignité ne sera jamais exaucé si elle refuse toute aide. « Mo ti envie passe mo banne dernier moment dans ene plus grand lacaze cotte ena salle de bains et toilette », ajoute-t-elle. Begum ne touche que sa pension et doit en déduire Rs 2000 pour une petite cabane en tôle. Pour ses médicaments elle dépense en moyenne Rs1000 chaque mois. Tout le long de notre entrevue, les larmes inondent son visage quand elle parle de son fils Annas. « Li guette moi couma dire ene maman guette so zenfant. Allah pou récompense li ene jour », dit-elle. Annas ne cesse d’essuyer les larmes de sa maman avec affection et tendresse.

« Li guette moi couma dire ene maman guette so zenfant. Allah pou récompense li ene jour »

L’histoire de Begum Mangalkhan et de son fils Annas est bouleversante. On se demande comment une personne amputée et partiellement aveugle peut vivre dans des conditions aussi déplorables depuis tant d’années. Soulignons que c’est à la suite d’une information postée sur Facebook que le drame quotidien de Begum a été découvert. Elle nous dit qu’elle ne cherche la pitié de personne car c’est Allah qui a décidé de son sort. Nous avons promis à Begum que nous serions son porte-parole et que nous allions attirer l’attention de ses compatriotes et des autorités sur son cas. Vous pouvez l’appeler sur le numéro suivant : 58550419.

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