vendredi , 15 novembre 2019
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Sheikh Imran Sumodhee

Un an après sa libération : Sheikh Imran Sumodhee relance Citadel Bakery

Le 23 août 2018, Skeikh Imran  Sumodhee et son frère Khaleeloudeen furent libérés avec deux autres condamnés  après 20 ans passés derrière le barreau.

Cette année le 23 août reste une date symbolique de liberté bien qu’ils crient toujours à l’injustice et clament leur innocence. Nous avons rencontré Sheikh Imran chez lui dans sa boulangerie, la Citadel Bakery située à Vallée-Pitot pour nous raconter comment il a reconstruit sa vie après sa remise en liberté.

Sheikh Imran nous dit d’emblée qu’il est sorti de prison comme une personne normale, l’âme et la conscience tranquilles. « Le meilleur juge de l’homme c’est sa conscience  », dit-il. Selon lui, la force intérieure permet de surmonter les épreuves de la vie. « Si ène dimoune dans so for intérieur li conné li pas fine tire la vie personne alors li pena pou peur  », ajoute-t-il.

Il laisse entendre qu’on peut cacher au monde entier son crime, mais qu’on ne pourra jamais le cacher au Créateur. « En tant que croyant j’aurai la crainte de me présenter devant mon Créateur », souligne-t-il.

Sheikh Imran dit se sentir plus fort pour faire face à la société car il a le support des citoyens mauriciens qui sont convaincus de son innocence. « Banne morisiens fine donne zotte la voix et fine apporte zotte contribution pou mo retrouve la liberté », fait-il ressortir.

Il dit avoir la conscience claire et cela ne lui a pas été difficile de reconstruire sa vie grâce au support de ses proches. Sheikh Imran dit que la réouverture de la boulangerie familiale à Vallée Pitot en est une preuve. D’ailleurs, il en profite pour remercier son oncle et les sociétés musulmanes qui l’ont aidé financièrement à ouvrir la boulangerie. Il remercie aussi tous les Mauriciens, y compris ceux de l’étranger, qui ont invoqué le Créateur pour qu’il puisse refaire sa vie et trouver un équilibre..

Sheikh Imran ressent beaucoup de peine quand il évoque l’injustice dont il a été victime durant 20 ans et qui l’a privé de sa liberté. « Banne institutions couma judiciaire, la police, DPP, fine faire moi subir ène injustice », lance-t-il.

Il se demande si les gens au sein de ces institutions peuvent dormir tranquilles et s’ils ne craignent pas de rendre des comptes face à la justice divine. « Les vrais coupables courent toujours et personne ne s’en soucie », s’insurge-t-il. À son avis beaucoup d’innocents sont en prison à cause de notre système judiciaire.

« Nous pou clame nous innocence jusqu’a nou derniers jours », dit-il encore. Il confie qu’en tant qu’être humain il a une pensée spéciale pour les familles des victimes et que sa plus grande joie sera de voir la justice condamner les vrai coupables pour apaiser la souffrance des familles des victimes.

Abordant la réouverture de la boulangerie Citadel à la rue Crimea à Vallée Pitot, Sheikh Imran explique qu’il a investi de l’argent pour réparer les machines, rénover le bâtiment et acheter les ingrédients pour cuire le pain. La boulangerie c’est le symbole de son père, Bhai Jannat Sumodhee, et il en a gardé le look. Actuellement c’est la famille qui met la main à la pâte et qui fait d’énormes sacrifices pour plaire aux clients. Sheikh Imran remercie tous les clients qui le soutiennent et demande qu’on vienne s’approvisionner chez lui. Son plus grand souhait c’est donner satisfaction aux clients. Dans un proche avenir, il compte ouvrir une pâtisserie.

Sheikh Imran dit que sans l’aide de son entourage ni lui ni son frère n’aurait tenu le coup. « Nous nous étions plongés dans la spiritualité et le namaz. La lecture du Coran nous a aidés à tenir le coup », conclut-il.

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