samedi , 20 juillet 2019
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Ally Lazer

Ally Lazer, travailleur social : «Je suis déçu après mon audition à l’Icac»

Le travailleur social, Ally Lazer, s’est rendu devant la Task Force, à l’Independent commission against corruption (Icac), le jeudi 11 octobre 2018. À sa sortie, il s’est dit « déçu » que les enquêteurs n’ont pas écouté tout ce qu’il avait à dire.

« Déçu mais plus que jamais déterminé ». Quoiqu’il soit resté sur sa faim après son audition devant les enquêteurs de la Task Force, instituée après la publication du rapport Lam Shang Leen, Ally Lazer garde espoir de pouvoir faire son « grand déballage » incessamment. « J’ai dit que j’étais déçu car je suis le seul Mauricien qui a communiqué les noms de 136 trafiquants de drogue devant la Commission d’enquête. Et donc, en tant que travailleur social et aussi en tant qu’un des responsables d’un centre de désintoxication, je m’attendais à ce que des actions concrètes soient prises à l’encontre de ces trafiquants. Mais au cours des trois années qu’ont duré les travaux de la Commission, la drogue a continué à entrer dans notre pays », nous confie-t-il.

Parallèlement, sa déception fut encore plus grande lorsqu’il a pris connaissance des membres du Comité interministériel mis sur pied par le Premier ministre après la publication du rapport LSL. « Un ministre, qui avait auparavant déclaré que la drogue n’était pas un problème alarmant à Maurice, a siégé sur ce comité. Par la suite, après l’institution de la Task Force et lorsque l’Icac m’a convoqué, je croyais de facto qu’on allait m’écouter sur tout ce que j’avais à dire par rapport aux trafiquants notoires que j’avais dénoncés devant la Commission. Mais tel n’a pas été  le cas car les enquêteurs se sont cantonnés uniquement au cas de blanchiment d’argent lié au trafic de drogue », fait-il ressortir.

Un rapport de 12 pages à l’Icac

Désormais, Ally Lazer ne sait pas vers quelle instance se tourner pour faire son grand déballage. Il nous dit avoir encore des informations à fournir sur le trafic de la drogue à Maurice et a des noms à balancer. Il pourrait se diriger vers l’ADSU, le Central Criminal Investigation Department (CCID) ou la Financial Intelligence Unit (FIU). « Les enquêteurs m’ont fait comprendre que probablement la police va me convoquer. Probablement ! C’est aberrant car j’ai dénoncé 136 trafiquants au péril de ma vie et je constate que rien n’est fait. D’ailleurs, Paul Lam Shang Leen a fait mention dans son rapport qu’il faut des ‘further actions’ à l’encontre des personnes dont les noms y sont cités », fulmine le travailleur social.

Néanmoins, notre interlocuteur soutient qu’il s’est prêté au jeu des enquêteurs de la Task Force en leur fournissant toutes les informations recherchées sur les cas de blanchiment lié au trafic de la drogue et aussi aux grosses sommes d’argent déposées sur les comptes bancaires des trafiquants. « Pour démontrer ma bonne foi, j’ai même déposé un rapport de 12 pages devant la Task Force. Malheureusement, presque chaque jour, nous avons des demandes de révision judiciaire en Cour suprême. Pour moi, ce sont des ‘delaying tactics’. Mo pou déza six pieds sous terre et sa zafer la pou enkor pe continié. Ala kifer mo ena ene série de déceptions», avance-t-il.

À l’Icac, Ally Lazer a aussi évoqué la disparition alléguée de Rs 1,5 million et la saisie de 157 kilos de drogue dans l’affaire Kistnah. Il nous confie avoir des informations « genuine » que c’est bien la somme de Rs 5 millions qui a disparu. « Je suis réaliste et je sais que le problème de la drogue ne disparaîtra pas à Maurice. Mais si nous parvenons d’abord à combattre la corruption, je suis certain que nous pouvons éliminer à 70% le problème de la drogue dans notre petite île paradisiaque », conclut-il.

« Il faut revoir la réhabilitation »

Ally Lazer dirige avec l’aide d’Imran Dhanoo le centre de désintoxication Idrice Goumany à Plaine-Verte. Selon lui, il est impératif de revoir la façon de réhabiliter les toxicomanes car « la place d’un petit consommateur de gandia n’est pas derrière les barreaux ».

« Au contraire, il faut l’aider à surmonter cette accoutumance. Au centre Idrice Goumany, nous faisons de notre mieux pour donner une nouvelle vie au toxicomane. Nous donnons à ceux qui sont parvenus à sortir de cet enfer toutes les facilités pour débuter un business. Par exemple, si une personne était un marchand de gâteaux avant qu’elle ne tombe dans la drogue, nous lui donnons des ustensiles, des matières premières et des équipements. Néanmoins, nous travaillons avec les moyens du bord », dit-il. Il lance de ce fait un cri de cœur aux firmes privées de venir en aide aux personnes qui sont en phase de cure de désintoxication et aussi à ceux qui sont guéris.

Parlant du fléau de la drogue dans les établissements scolaires du pays, Ally Lazer dit avoir tiré la sonnette d’alarme depuis plus de cinq ans lorsqu’il avait constaté un rajeunissement et aussi une féminisation de la consommation des drogues. « La prévention est nécessaire dans toutes les écoles. J’estime que cela doit commencer à partir du Grade 5 dans les écoles primaires car j’ai déjà connu un cas d’un garçonnet de 10 ans retrouvé avec de la drogue synthétique dans les toilettes de l’école », avance-t-il. Ally Lazer lance également un appel aux parents de bien surveiller les fréquentations de leurs enfants.

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