dimanche , 19 novembre 2017
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Allégation de négligence d’un officier de la santé – Djabirr Noordaully (18 ans) rend l’âme le jour de l’Eid-ul-Adha

Alors que les uns étaient occupés à accomplir le Qurbani et que les autres préparaient un véritable festin, chez les Noordaully à Goodlands c’était la désolation totale avec le décès du jeune Muhammad Djabir, 18 ans.L’adolescent débordait d’énergie et de joie de vivre. Sa disparition soudaine laisse un grand vide dans le coeur de ses parents qui sont très remontés contre un officier du ministère de la Santé qui aurait retardé le départ de l’adolescent pour l’Inde pour se faire opérer d’un anévrisme cérébral. Selon les parents de Muhammad Djabir, il aurait retardé le départ du malade bien que les billets d’avion avaient déjà été émis, les places déjà réservées sur un vol d’Air Mauritius et que le dossier médical de l’adolescent comprenait une attestation d’un médecin de la Santé faisant foi qu’il devait se faire opérer d’urgence à l’étranger. « Pas Air Mauritius qui décidé. C’est moi ki décider kan li bizin aller », aurait-il déclaré aux parents de l’adolescent. Quatre jours après, Muhammad Djabirr sombre dans un coma et le jour de l’Eid-ul-Adha il rend l’âme.

C’est dans l’après-midi du lundi 22 août 2016 que Muhammad Djabirr est tombé subitement malade. Sportif dans l’âme, il était sur le terrain de football de la localité et se préparait pour disputer une rencontre. Soudain il ressent un malaise et s’affaisse sans connaissance. Transporté à la Medi-Clinic de Goodlands, il est transféré à l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam de Pamplemousses pour une scanographie.

Choc et consternation

Hélas! Ses parents apprennent que l’appareil est hors d’usage depuis deux ans. Le lendemain, mardi, il est transporté par ambulance à l’hôpital Jeetoo pour subir la scanographie. Les résultats ne sont pas concluants et mercredi, toujours à l’hôpital Jeetoo, il passe une IRM (Imagerie à Résonance Magnétique). Dimanche, la doctoresse May, une ressortissante étrangère, prend connaissance du rapport et annonce à la famille que l’adolescent est atteint de :” Anterior communicating Aneurysm” et que :” He cannot be treated in Mauritius”. C’est le choc et la consternation. Gorah Noordaully, le grand-père paternel, prend les choses en main. On prend d’infinies précautions pour que Muhammad Djabirr ne sache pas qu’il est atteint d’anévrisme.

En forme sur son lit d’hôpital, il converse avec ses cousines et ses amis qui lui rendent visite. Tôt lundi matin, muni d’un certificat médical, Gorah Noordaully dépose le formulaire de passeport au Passport and Immigration Office et le lendemain dépose l’application au comptoir du ministère de la Santé. Une employée du ministère dira qu’elle est déjà au courant de ce cas et qu’elle donnera un coup de fil aussitôt la lettre prête. Pendant ce temps la doctoresse fait comprendre aux parents que ce cas n’est pas compliqué mais que tout retard pourra se révéler fatal.

Vendredi on reçoit le visa alors que Air Mauritius a déjà réservé 3 places en classe économie pour le départ prévu le 3 septembre par le vol MK 744 à 21 h 15. Quand Muhammad Reshad, le père du malade se pointe au ministère de la Santé pour prendre possession de la lettre, une employée lui fait comprendre que le départ est prévu pour le 7 septembre 2016. « Mo fine plaigner avec madame là mo dire li ki mo garçon so cas sérieux et ki nous fini book place lors Air Mauritius. Ene officier lor ene ton en colère li réponne et li dire « c’est moi ki décider et pas Air Mauritius » ». Obligé d’accepter la décision du ministère, l’âme en peine, le pauvre père retourne à l’hôpital. Il dira à son fils qu’il devra se rendre en Inde pour des examens plus poussés. “Doctoresse ti dire na pas laisse mo garçon conner sinon li pou stréssé’, nous dit-il. Le mardi le 6 septembre des infirmiers bavards annoncent à Djabirr qu’il sera opéré de la tête en Inde.

Quand ses parents viennent lui rendre visite dans l’après-midi, il leur reproche de lui avoir menti sur sa maladie. Sa tension artérielle grimpe et il est angoissé. Dans la soirée il téléphone à sa soeur pour lui dire que les infirmiers l’ont isolé dans une chambre. À 5 heures du matin il sombre dans un coma. Il vomit du sang, son état de santé se détériore et il est transporté à l’Intensive Care Unit (ICU). 5 jours après, le jour de l’Eid-ul-Adha après le namaz, il rend l’âme. Sa maman Shameem pleure toutes les larmes de son corps et n’accepte pas que son fils lui ait été arraché à la fleur de l’âge.

Manque de professionalisme

Gorah Noordaully, très proche de son petit-fils, est encore sous le choc. Il pleure à chaude larmes en évoquant le nom de Djabirr. Il est très en colère contre l’officier du ministère de la Santé et aussi contre les infirmiers pour leur manque de professionnalisme quand ils ont annoncé à son petit-fils qu’il partirait pour l’Inde pour se faire opérer. « Li fine stressé et so cas fine détérioré », nous dit Gorah Noordaully ne compte pas rester les bras croisés. Il à déja pris contact avec l’attaché de presse du ministre de la Santé, Anil Gayan, pour avoir un rendez-vous afin de demander des les raisons l’officier a repoussé le départ de son petit-fils pour l’Inde. Une déposition formelle a été consignée à l’hôpital SSRN. Un ministre de sa circonscription est venu lui rendre visite et ce dernier lui a déclaré que d’autres cas similaires lui ont été rapportés. “Mo pou la guerre au nom de Djabirr pou ki lezotte dimoune pas mort par la faute de sa officier-là”, lance Gorah Noordaully. Les proches de la famille Noordaully remercient tous ceux qui les ont soutenus dans cette dure épreuve.

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