vendredi , 18 août 2017
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Ahmud Fouad Uteene – L’ingénieur qui s’est construit une belle vie

Le président de la Century Welfare Association située à Cité Martial, Ahmud Fouad Uteene, se consacre désormais à sa famille et aux oeuvres caritatives. Après une riche carrière professionnelle comme ingénieur de construction et une vie comblée, il jette un regard plaisant sur son parcours jalonné de beaux souve­nirs et d’anecdotes agréables. Il s’est confié à Star…Fouad Uteene a eu une vie bien remplie. Il a pris sa retraite l’année dernière mais continue de mettre ses compétences au service d’une société privée. Ingénieur en matière de construction, il a dirigé plusieurs gros projets et s’est bâti une solide réputation. Agé de 61 ans, l’enfant de Plaine Verte nous ouvre son coeur. Écoutons-le. « Je suis né le 21 janvier 1955 à Plaine Verte et nous habitions une petite maison à la rue Perimbé. Mon père, Ameen, était chauffeur de camion tandis que ma mère, Sabera, était femme au foyer comme la majorité des femmes à cette époque. Je suis le dernier et l’unique garçon d’une fratrie de quatre enfants. Dans le sillage des bagarres raciales de 1968, nous avions emménagés à Cité Martial », nous raconte-t-il. Fouad Uteene se souvient aussi de ses amis d’enfance comme les Ombrasine et Pernel. « À l’époque, Plaine Verte était habitée par les gens de plusieurs communautés. Ce n’est qu’après les incidents survenus lors des bagarres raciales que les choses ont changé. J’ai eu la chance de pouvoir côtoyer des amis de toutes les communautés », se remémore-t-il.

Comme pour bon nombre de familles à l’époque, ce n’était pas facile pour un père de subvenir aux besoins de ses enfants. Et Fouad se dit éternellement reconnaissant envers ses parents, qui malgré leur situation précaire, ont réussi à lui donner une bonne éducation ainsi qu’à ses trois soeurs. « Mon père avait un camion et je me souviens que durant les week-ends et les vacances scolaires, j’allais travailler comme aide-chauffeur avec lui. Cela lui permettait d’économiser l’argent qu’il fallait payer pour employer une autre personne. Mes parents n’étaient pas éduqués mais ils connaissaient l’importance de l’éducation », se souvient-il. C’est à l’école Touchard (aujourd’hui Coeur Sacré de Jésus) que Fouad Uteene a fait le primaire avant de rejoindre le collège Islamic de Port-Louis pour ses études secondaires (Form I à V) et le collège St Mary’s pour le HSC.

Un as au jeu de billes

Fouad Uteene garde de très bons souvenirs de son enfance et des jeux d’antan. Il se souvient que ses amis et lui jouaient à « lastik », « boule kaskott » et autres « couk cassiette ». Mais ce qu’il aimait par-dessus tout, c’est le jeu de billes. « Mo ti extra fort lor zouer cannette », dit-il avec un petit sourire. « Il est dommage que de nos jours les enfants ne jouent plus à ces jeux. On ne les voit même plus jouer à cache-cache. À l’époque, nous n’avions ni ordinateur ni téléviseur pour nous distraire et nous passions des heures à jouer aux billes. Il y avait même des tournois par région. L’équipe de Plaine Verte allait défier celle de Camp Yoloff et ainsi de suite, et je me souviens qu’avant chaque tournoi, on nettoyait nos plus belles billes et on les mettait en jeu. L’équipe qui remportait le tournoi repartait avec les billes de l’adversaire. Je me souviens qu’à un moment donné, mes amis et moi avions des boîtes remplies de billes. ‘Ti pe garde sa dan boîte dilait et ban grand lamok », nous raconte l’ingénieur avec une certaine nostalgie comme emporté par ce soudain retour dans le temps.

Le travail social depuis très jeune

Depuis son très jeune âge, Fouad Uteene était actif dans le domaine du travail social. Il se rappelle qu’à l’âge de 12 ans, ses quelques amis et lui avaient créé un cercle d’études à la mosquée Noor-E-Islam afin de venir en aide à d’autres camarades.Quand la famille était venue s’installer à Cité Martial, il avait à peine 15 ans, et avait été sollicité pour rejoindre plusieurs clubs dont le Century. Depuis, c’est une belle histoire d’amour entre Fouad Uteene et la Century Welfare Association (CWA). « Tout a commencé avec le club Le Goulet qui se trouvait à la route des Pamplemousses et qui comptait plusieurs jeunes à l’époque. Par la suite, il y a eu Century, qui au départ n’était qu’un cercle de jeunes professionnels et des cadres qui se réunissaient pour partager leurs idées et essayer de trouver des solutions pour aider la société. Quand j’ai rejoint Century, ce n’était qu’un club sportif et littéraire », avance-t-il.

Avec des projets plein la tête pour la CWA, Fouad Uteene et ses amis multiplient les démarches auprès des autorités et parviennent à obtenir un lopin de terre de l’État à la rue Kleber à Cité Martial. « Auparavant, nou ti pé loué ene local dans l’endroit. Mo rappel au départ nou ti construire ene centre lor environ 500 à 600 pieds carrés. C’est bien après ki nou fine agrandi Century », ajoute le président de l’association. En 1998, la CWA vient de l’avant avec une école pour les enfants autrement capables afin de mieux les encadrer et les aider dans leur quotidien. Outre les oeuvres sociales de Century, Fouad et son équipe lancent plusieurs projets dont des cours en informatique, des ateliers culinaires, des sessions de rattrapage pour les étudiants et des cours sur les réseaux sociaux pour les femmes au foyer. « Après plusieurs années comme président de la Century Welfare Association, je suis fier d’avoir pu avec mon équipe accomplir de si belles choses. Et le travail doit continuer », souligne-t-il et d’ajouter que le projet Oasis lui tient à coeur car il s’agit d’une base de données pour la collecte et la gestion de la Zakaat à Maurice.

Une riche carrière professionnelle

Après ses études en ingénierie à l’Université de Mau­rice, Fouad Uteene commence à travailler au sein de la fonction publique. Mais quelque temps après, il nous in­dique avoir eu la chance d’aller en Arabie Saoudite pour travailler dans une société franco-saoudienne pendant trois ans. « Au départ, j’hésitais avant de quitter Mau­rice pour aller travailler à l’étranger mais ces trois an­nées passées en Arabie Saoudite ont été salutaires. J’ai eu une très grande expérience sur le terrain et cela m’a beaucoup aidé après », indique-t-il. De retour à Mau­rice, il rejoint la Central Water Authority comme ‘Ex­ecutive Engineer’ pour une période de deux ans. Sa car­rière allait prendre une tournure importante quand il fut recruté par la société de construction Bhunjun & Sons Ltd. « J’ai passé 33 ans, soit, une bonne partie de ma vie au sein de cette entreprise où j’ai occupé le poste de ‘Head of Construction’ », souligne l’ingénieur.

Ainsi, il a eu l’occasion de diriger plusieurs gros pro­jets comme la construction du tout premier bâtiment à Ébène, la Cyber Tower 1, ou encore l’Université de Maurice, la première phase des travaux du front de mer de Caudan, l’école hôtelière Sir Gaëtan Duval, les bâtiments de la SICOM, du FSC et d’autres édifices gouvernementaux ainsi que plusieurs grands hôtels du pays. Durant sa carrière chez Bhunjun & Sons, il a pu poursuivre ses études et a complété une maîtrise en Project Management à l’Université de Reading. À la re­traite depuis l’année dernière, Fouad Uteene n’a pas mis du temps pour remettre ses compétences au service de la construction. Depuis mars 2015, il agit comme direc­teur général chez Hyvec Partners Ltd. Fouad Uteene siège également au conseil d’administration de plu-sieurs institutions comme l’Institution des Ingénieurs de Maurice, la MSB, le sénat de l’UoM et l’IVTB entre autres. Aussi, il est un ‘Incorporated Member’ de la Chartered Institute of Building, UK.

 

 

Un père affectueux

Marié à Shamime depuis plus de 30 ans, Fouad Uteene mène une vie familiale comblée. Époux attentionné et père affectueux, il consacre une bonne partie de son temps à sa famille. Ses deux filles, Fatweena, qui travaille dans la finance, et Suhaylah, qui vient de terminer ses études en commerce international, occupent une grande partie de son quotidien. « Nana » gâteau, Fouad se montre très affectueux envers son unique petit-fils, Shuhaib. « La famille est sacrée et je lui accorde beaucoup d’importance. J’aime bien passer de bons moments avec tous les autres membres de la famille et nous aimons accueillir les gens à la maison et ainsi entretenir de bonnes relations. Le sens de la famille doit prévaloir et c’est pourquoi dès que l’occasion se présente, toute la famille se retrouve autour d’un repas ou une sortie. Il y a une belle entente entre nous. Et même du côté de mes beaux-parents, il y a une proximité et une complicité », souligne-t-il.

 La lecture et la spiritualité

Fouad Uteene consacre ses heu­res libres à son passe-temps favori qui est la lecture. « En ce moment, je suis en train de lire un livre sur la vie du prophète (p.s.s.l). L’auteur, Aadil Salahi, donne un point de vue moderne de la vie de Muhammad (saw) », indique-t-il. Lecteur avide, Fouad privilégie désormais les textes à caractère islamique et religieux comme l’histoire du Coran par Azami ou les livres sur la science et l’islam. Pour Fouad Uteene, la spiritualité occupe une partie centrale de la vie. Selon lui, il doit tout à son Créateur et estime ne pouvoir jamais assez Le remer-cier. « Je n’ose pas prétendre être un savant en la matière, mais j’estime que la spiritualité est très impor­tante pour chaque personne. Le rappel de Dieu est essentiel pour nous. J’ai eu la chance d’avoir pu fonder une belle famille et transmettre à mes enfants les valeurs islamiques qui sont indispensables par les temps qui courent. Ma femme, mes enfants, mon gendre et moi avons déjà accompli le hadj et l’umrah », relate le président de Century.

 

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