Activités – Star http://starpress.info Journal d'information en ligne Fri, 17 Nov 2017 10:58:55 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.6.8 Zeness exprime toi : programme d’éducation au profit des enfants défavorisés http://starpress.info/zeness-exprime-toi-programme-deducation-profit-enfants-defavorises-2948/ Fri, 03 Nov 2017 07:00:02 +0000 http://starpress.info/?p=2948 L’ONG « Zeness Exprime Toi »  a  invité  les représentants de 6 collèges de Curepipe  à présenter  un programme d’éducation et d’aide au profit des enfants défavorisés. Ils sont : Forest Side SSS Boys,  College  Lorette, Curepipe College, Hindu Girls College, College Royal et  Dhunputh Lallah SSS.

Zakil Tarsoo, le fondateur et président de Zeness Exprime Toi, a été  nommé «Ambassador World Literacy Foundation »  (WLF). Il a présenté un programme  ayant pour titre  «National Broad Base Education Program » (NBBEP), aux invités. Ils ont trouvé le projet intéressant et souhaitent l’implémenter dans leurs collèges respectifs.

En quoi consiste le NBBEP ?

Ce programme ambitionne d’aider les étudiants à atteindre une meilleure performance académique et développer des nouvelles compétences. L’organisation des activités pour recueillir des fonds avec le soutien de parrainage sera aussi privilégiée.

Selon le jeune président Zakil Tarsoo, notre système d’éducation pourrait devenir un outil d’ouverture pour beaucoup d’élèves.  D’ailleurs selon une étude, nous avons identifié des lacunes dans notre système éducatif. Elles sont comme suit :

( 1) Le ratio de réussite de Grade 1 à Grade 6 et la Form V (Grade 11) à la  Form VI  (Grade 13) est de 10: 8: 5: 2.

Cela signifie que tous les 10 élèves qui entrent dans la catégorie 1, seulement 8 seront détenteurs de CPE (maintenant AFPC). 5 ans plus tard, seulement 5 sur 10 seront titulaires d’un SC après 11 ans et seulement 2 sur 10  seront titulaires d’un HSC après 13 ans. L’objectif est de passer à une économie à revenus élèves.

(2) Le taux de décrochage dans certains collèges est très élevé, de la Form I à la form V, et au niveau  du SC et HSC. Mais qu’en est-il du nombre de candidats qui participent  aux  examens de Cambridge et le nombre d’étudiants qui avaient rejoint la Form I cinq ans auparavant. Pour certains collèges, le rapport entre le nombre d’admissions  en Form I et le nombre de candidats aux examens de SC présente un écart très important.

(3)  A-t-on fait une bonne provision budgétaire pour le nombre d’écoles pré-vocationnelles » ?

(4) Selon les statistiques 2016, le gouvernement a investi plus de Rs.10 milliards dans notre programme éducatif. Quels en sont les résultats ?

(5) L’employabilité, soit le déséquilibre entre la population active et le marché du travail est également un problème alarmant.

(6) Nous ne pouvons pas rationaliser les frais de scolarité des établissements privés ou les interdire. Il est clair que la situation s’aggravera si nous le faisons, mais nous devons nous assurer que chaque  enfant  ait droit à une bonne éducation et ne soit pas pénalisé en raison de la capacité financière de ses parents.

7) Environ 7% des enfants dans le besoin sont privés d’une bonne éducation en raison de la pauvreté à Maurice.

Le  groupe Jeunesse Exprime Toi souhaite mettre en œuvre  un projet pour une éducation de base. « Dans le passé, certaines organisations comme le Rotary Club organisaient des compétitions inter-collèges pour promouvoir les compétences non techniques. Malheureusement, il est difficile d’organiser des concours inter-collèges parce que cela prend du temps et c’est aussi une grande responsabilité pour les organisations de  faire sortir des étudiants de l’école pendant les heures de classe. Nous remarquons également que très peu d’enfants ont la possibilité de participer à ces compétitions. Par conséquent, nous souhaitons organiser une compétition inter-classes / inter-étudiants », dit-il.

Elles sont :
1) Concours de dissertation
2) Concours de quizz
3) Concours de débat
4) Concours de théâtre
5) Compétition de Slam
6) Concours d’élocution en public
7) Compétition de dessin

« Ces concours peuvent être réalisés dans les locaux de l’école où les étudiants peuvent participer pour développer diverses compétences. Cela aidera l’individu dans sa vie plus tard. Nous offrirons un certificat de participant et un prix aux gagnants. Deuxièmement, nous remarquons que de nombreux étudiants entrent dans un collège avec un très bon résultat de CPE  mais se retrouvent avec un très mauvais résultat de SC », conclut-il.

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Mission humanitaire auprès des refugiés Rohingyas – le vécu poignant de Nazihah Hosany : «J’ai aidé une femme à accoucher sous une tente de fortune» http://starpress.info/mission-humanitaire-aupres-refugies-rohingyas-vecu-poignant-de-nazihah-hosany-jai-aide-femme-a-accoucher-tente-de-fortune-2898/ Mon, 30 Oct 2017 08:50:46 +0000 http://starpress.info/?p=2898 Nazihah Hosany est de retour du Bangladesh après deux semaines passées aux côtés des réfugiés Rohingyas.  L’expérience qu’elle a vécue est bouleversante.

Le visage marqué par la fatigue et les yeux rougis par le manque de sommeil, elle nous raconte en détails ce qu’elle a vécu nuit et jour dans le camp des réfugiés pendant deux semaines. Elle faisait partie d’une délégation mauricienne qui comprenait aussi l’imam Arshad Joomun et quatre autres volontaires. Ensemble avec les autres membres de la  mission humanitaire, elle a passé des heures dans le camp des réfugiés pour distribuer des repas chauds, ériger des tentes, construire des camps pour être utilisés comme dispensaires et construire des toilettes.

« Ce que j’ai vu à la frontière de la Turquie en Syrie n’est rien en comparaison avec ce que j’ai vu au Bangladesh », nous dit-elle d’un air triste.

Entassés sous des tentes

La voix cassée par l’émotion, les larmes roulent dans les yeux de Nazihah quand elle nous raconte comment des milliers de femmes, d’enfants et de vieillards sont entassés dans des camps sous des tentes plantées par des volontaires. « C’était surréaliste. Chaque jour, faute de nourriture les enfants sont obligés de manger tout ce qui leur tombe sous la main. J’ai vu des enfants manger des fruits amers en guise de repas le soir », nous apprend Nazihah. Elle raconte que son groupe se rendait dans les camps sous la protection de l’armée et des volontaires bangladais. Les  réfugiés étaient parfois violents et devenaient incontrôlables. « La faim les rendait violents et ils s’excitaient quand nous avions épuisé notre stock de nourriture », dit-elle.

Nazihah raconte que même l’armée était débordée par le flux de personnes qui venaient chercher leur ration sans la carte distribuée par les ONG. Grâce à Zahir Uddin, responsable de l’association One life Global Welfare du Royaume Uni , les distributions se faisaient dans la discipline. Zahir Uddin est un volontaire de grande expérience qui a passé des mois dans des camps de réfugiés en Syrie. Il est respecté par l’armée qui lui fait confiance. Nazihah explique que l’argent collecté à Maurice par l’organisation Together We Care, Gift Box 4 Syria et MKids a servi à l’achat de repas chauds, de bâches pour la construction de tentes et de médicaments ainsi que pour la construction d’une mosquée.

L’argent a servi aussi pour  payer quatre médecins et infirmiers qui durant 90 jours vont soigner les malades. Nazihah raconte que le jour de leur arrivée après plusieurs heures de vol, son équipe et elle ont marché des heures dans la boue sous une chaleur torride.

Pleurer en silence

« Il faisait extrêmement chaud. Les sentiers étaient boueux et des milliers de personnes se pressaient autour de nous pour demander de la nourriture. J’avais les larmes aux yeux quand j’ai vu des enfants pieds nus, les vêtements déchirés, le visage brûlé par le soleil. J’ai pleuré en silence pour ne pas accabler mon équipe quand j’ai rencontré un jeune garçon qui m’a raconté que son père est mort devant ses yeux, décapité par les Birmans. Il a raconté qu’il était  orphelin et que Dieu seul sait ce qu’il deviendra un jour», nous dit notre interlocutrice.

Nazihah ajoute qu’elle a été bouleversée par le nombre de femmes malades . « En un seul jour, l’hôpital de fortune que nous avons mis sur pied a soigné 700 malades », indique-t-elle.  Elle n’oubliera jamais ce qu’elle a vécu sous une tente. « Une femme enceinte hurlait de douleur. Elle transpirait à grosses gouttes et respirait difficilement.  Elle n’avait rien mangé depuis deux jours. D’un moment à l’autre elle allait mettre au monde son bébé. J’ai aidé à la transporter sous une tente médicale dans des conditions peu hygiéniques. En larmes elle a mis au monde un beau bébé », relate celle qui, il y a peu, a été la principale responsable de l’opération Giftbox4Syria.

Nazihah raconte que ce jour-là, en retournant à l’hôtel, elle était tellement perturbée qu’elle n’a rien mangé et n’a pu fermer l’oeil de la nuit. Elle garde en mémoire les larmes de cette femme qu’elle a essuyées de ses mains. Revivant toute la scène dramatique de l’accouchement, elle éclate en sanglots. « Pourquoi le monde entier ferme-t-il les yeux devant un tel drame? Pourquoi des mères de famille sont-elles obligées d’accoucher dans des conditions si épouvantables? », se lamente-t-elle.

Nazihah raconte que le premier jour de l’opération, son équipe avait préparé 1050 plateaux de repas à être distribués dans un camp. Sur place, il y avait 4000 personnes. « Zotte fine encerclé nous et nous fine bizin sauver sinon ti capave perdi la vie », dit-elle.

Sauvés par l’armée

Le lendemain son équipe a changé d’approche. Elle a fait construire un dispensaire, fourni des médicaments et payé 4 médecins et 2 infirmiers.

Nazihah raconte une autre mésaventure quand son équipe et elle voulaient distribuer des bonbons et chocolats à des enfants. Un volontaire mauricien a mis la main dans sa poche pour retirer un peu d’argent pour distribuer. « Si l’armée pas sauve nous, nous ti pou piétiné par la foule », laisse-t-elle entendre.  Chaque jour ils risquaient leur vie pour se rendre dans d’autres camps choisis par l’armée. « C’est l’armée qui choisit dans quel camp il faut se rendre. Tous les jours ce n’est pas au même groupe de personnes qu’on donne à manger », souligne-t-elle.

Nazihah dit avoir vu des enfants dormir sur le sol boueux toute une nuit. Le lendemain, son équipe a fait acheter des matelas qui ont été distribués. Les boat people qui cherchent à fuir la Birmanie mettent leur vie en danger. Les passeurs profitent de la situation et sont sans pitié envers les candidats à l’exil. « Si péna l’argent pou payer ena le risque ki jette zotte dans la mer », ajoute-t-elle. Elle-même a dû puiser de sa cassette personnelle pour sauver une femme qui n’avait pas d’argent et qu’on menaçait de  jeter à la mer.

Nazihah fait ressortir que même si son équipe est retournée à Maurice, le travail continue sur place avec l’aide de Zahir Uddin. Quand ce dernier quittera Cox’s Bazar, c’est Mohamed Saleh Abdul Khair responsable de la  madrassah Arabia Khaira et de l’orphelinat qui prendra le relais.

Nazihah raconte qu’elle est toujours sous le choc après ce qu’elle a vu dans les camps. La situation est catastrophique parmi les réfugiés qui continuent à affluer chaque jour. Elle explique que jour après jour depuis des mois, le terrible exode des Rohingyas de la Birmanie se poursuit. Environ 800.000 d’entre eux ont quitté leurs villes et leurs terres pour s’entasser dans des camps à la frontière du Bangladesh.

Malgré ce qu’elle a vécu et enduré, Nazihah pense déjà à partir pour une deuxième mission humanitaire. Au nom de Together We Care et MKids, elle remercie tous les généreux donateurs qui ont contribué pour apaiser la faim des milliers de personnes.

Ceux qui apportent leur soutien aux organisations qui collectent de l’argent pour venir en aide aux Rohingyas peuvent continuer à le faire. Soulignons qu’une équipe de trois personnes de l’association de Al Ihsaan est sur place depuis samedi dernier. Shakeel Anarath et son équipe sont sur le terrain nuit et jour pour venir en aide aux réfugiés.

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Duval à Barkly et La Butte : «Une manifestation massive n’est pas écartée» http://starpress.info/duval-a-barkly-butte-manifestation-massive-nest-ecartee-2516/ Tue, 05 Sep 2017 08:27:53 +0000 http://starpress.info/?p=2516 Xavier-Luc Duval s’est rendu à Résidence Barkly et à La Butte samedi. Il a rencontré les habitants dont les maisons ou commerces se trouvent sur le tracé du Metro Express. Il a fustigé la maladresse du gouvernement qui met en péril la paix sociale.

Xavier-Luc Duval a lancé une mise en garde au gouvernement. « Si zot persiste pou al de lavan, nou pou apel la popilasion a fer enn manifestasion monstre», a-t-il. Duval déplore la façon dont ces personnes sont traitées, l’arrogance du GM et aussi un manque cruel de communication entre gouvernement et habitants de ces quartiers.

Sairoon Ramatally, 90 ans : « Zot dir mwa alle, me kot mo pou alle ? »

Alors que l’heure devrait être aux réjouissances dans le cadre de l’Eid ul-Adha, Sairoon Ramatally est remplie de colère et d’indignation. Cette femme de 90 ans habite Résidence Barkly depuis son mariage.« Zot dir mwa kit lakaz alle. Be kot pou ale ?, » se demande-t-elle.  Son époux avait obtenu cette maison du temps où il travaillait comme portier dans un train.

Nooreyajam Rujubali déplore la violence policière

Cette année, c’est dans la tristesse et l’inquiétude que la famille Rujubali célèbre l’Eid ul-Adha. Nooreyajam Rujubali déplore la violence utilisée par la police. « Zot inn trenn mo tifi. Zot inn menas pou ferm mo garson. C’est inacceptable, » dit-elle.

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Anwar Hussein Subratty, chairman de l’ICC : «Hors de question d’avoir plus de 4 personnes par chambre» http://starpress.info/anwar-hussein-subratty-chairman-de-licc-de-question-davoir-plus-de-4-personnes-chambre-2315/ Thu, 17 Aug 2017 10:25:13 +0000 http://starpress.info/?p=2315 À quelques jours du départ des pèlerins, tout est fin prêt du côté de l’Islamic Cultural Centre (ICC). Cependant, son chairman, le professeur Anwar Hussein Subratty, lance une mise en garde aux organisateurs.

Le chairman de l’ICC insiste que les organisateurs doivent respecter à la lettre le contrat signé avec l’ICC. « Avant même le départ, une dame a attiré mon attention qu’un organisateur hébergera six personnes dans une chambre. Il est hors de question d’avoir plus de 4 personnes par chambre. Les organisateurs qui transgressent les règles seront rapportés au MOASSASA en Arabie Saoudite  et à leur retour à Maurice des sanctions seront prises contre eux », souligne le Prof Subratty.

La Hajj mission, poursuit-il, est satisfaite des hôtels choisis et les pèlerins mauriciens prendront quinze minutes, selon leur capacité physique, pour se rendre au Haraam Shareef. Cette année une équipe de six personnes comprenant un médécin, un infirmier, un traducteur de langue arabe, deux officiers de l’ICC ainsi que le Prof Subratty lui-même formeront l’ossature de la Hadj Mission. Sur place, ils auront le soutien de l’ambassade mauricienne en Arabie saoudite.

Anwar Hussein Subratty lance un appel aux 1 500 pèlerins mauriciens pour se comporter comme des personnes responsables afin de ne pas ternir l’image de Maurice. « Je souhaite que les organisateurs fassent comprendre aux hadjees qu’ils doivent s’armer de patience et d’être très disciplinés. J’invite les hadjees à ne pas téléphoner à leurs proches à Maurice pour véhiculer des fausses nouvelles et leur donner du souci », conseille-t-il.

Le chairman  se félicite que tous les arrangements ont été faits  avec les autorités saoudiennes pour que les pèlerins mauriciens soient bien installés. Des améliorations sont prévues côté transport et nourriture en comparaison avec l’année dernière. Cette année le service fee a augmenté et en contrepartie les autorités du hadj ont promis un meilleur moyen de transport que l’année dernière. Le repas à Mina sera de meilleure qualité et des boissons gazeuses et du thé seront disponibles gratuitement.

Cette année six pèlerins de Rodrigues sont à Maurice pour faire partie du contingent de 1500 hadjees qui accompliront le hadj. Le chairman de l’ICC trouve que c’est un bon début et que l’année prochaine plus de hadjees de Rodrigues seront du voyage.

La liste d’attente des futurs hadjees s’allonge et ils sont désormais 16 000 à vouloir accomplir le hadj. Il fait ressortir qu’il sera sur place à Makka et Madina et sera disponible pour trouver une solution à tous les problèmes. « Je me saisis de  l’occasion qui m’est donnée de remercier au nom des membres du board,  le vice-Premier ministre, Showkutally Soodhun, pour son engagement afin que les pèlerins puissent bénéficier de facilités. C’est grâce à lui que l’ambassade mauricienne en Arabie Saoudite est opérationnelle. Je dois aussi souligner l’apport important de l’ambassadeur mauricien, Ikbal Latona, qui a été formidable », fait-il ressortir. « Je souhaite Hadj Mabroor à tous les hadjees.  Je leur rappelle que le hadj est un «Ibadat»et ils doivent en profiter au maximum », lance-t-il.

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Shalma Auckbaraullee, travailleuse sociale : elle œuvre pour le bien-être des enfants démunis http://starpress.info/shalma-auckbaraullee-travailleuse-sociale-oeuvre-bien-etre-enfants-demunis-2253/ Thu, 10 Aug 2017 07:47:11 +0000 http://starpress.info/?p=2253 Elle caressait le rêve de redonner le sourire aux enfants démunis de l’île Maurice. Pour cela, Shalma n’a pas hésité à faire le déplacement de Mississauga au Canada. En vacances chez nous pour quelques semaines, elle a rencontré les représentants de plusieurs ONG pour leur faire des donations. Rencontre avec une femme au grand cœur.

Son pays d’origine a toujours eu une importance particulière à ses yeux. Et cela, Shalma Auckbaraulee ne cesse de le répéter. Bien qu’elle ait grandi au Canada, Shalma a toujours voulu aider ses compatriotes. Financial Security Advisor de profession,  elle est également fondatrice et CEO « La Main dans la Main », une Organisation Non Gouvernementale qui vient en aide aux Mauriciens immigrés au Canada. « Je chérissais le projet de pouvoir un jour me rendre à Maurice et apporter mon aide aux jeunes enfants mauriciens démunis. Au Canada, j’aide beaucoup de Mauriciens. Je voulais voir un sourire se dessiner sur le visage des enfants, les serrer dans mes bras, partager leurs émotions et surtout les rendre heureux, »  nous raconte-t-elle.

C’est aussi grâce au support de son meilleur ami d’enfance Hidayat que son projet a pu aboutir. « Cela fait 22 ans qu’il  me soutient dans mon organisation. Il m’a poussé à aller de l’avant avec ce projet car il croyait en moi. C’est comme ça que j’ai fait appel à des partenaires au Canada et à Maurice afin de récolter des dons, mais aussi des vêtements, des objets divers pour plusieurs associations  qui s’occupent des enfants démunis de Maurice », soutient-elle.

Lors de son séjour, Shalma a pu rencontrer les enfants de « Shelter and Children Foundation » le 30 juillet  en compagnie de Sheela Baguant et M. Naidu. Une rencontre qui a bouleversé la jeune femme. « Ce fut un moment très émotionnel. Les enfants sont très motivés et sont très bien entourés. J’ai été très impressionnée par le professionnalisme de Madame Sheela. On voit que c’est une femme passionnée et qu’elle croit au potentiel de ses enfants, » nous dit-elle.

La jeune femme souligne également à quel point elle a été prise  par l’émotion lorsqu’elle a vu le nombre de bébés sans parents. « Ces enfants ne voulaient pas que je parte et cherchaient leurs mamans. C’est à ce moment-là qu’on se rend compte de la chance d’avoir été élevé par nos parents. Il est important que les enfants  d’aujourd’hui s’en rendent compte. Que Dieu les protège ! »,
dit-elle toute émue.

Elle nous raconte que les enfants s’entraident mutuellement telle une grande famille. « Ces enfants ont vraiment la capacité de faire de grandes choses dans leur vie. Ils aideront l’île Maurice dans le milieu professionnel car ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Le gouvernement, la communauté mauricienne et les parents doivent unir leurs forces car ils sont l’avenir du pays. Ainsi ils pourront faire des choses positives, » souligne-t-elle.

Par ailleurs, Shalma remercie Miss Mauritius India Worldwide, Jaleela pour l’avoir aidée à partager un moment avec les enfants de « Children Foundation and Shelter for Women and Children in Distress » à Forest Side,  Sonia Siddique de Microsoft, le Chef Zulfekar, Naeem Moosbally, Etwaree et St Catherine Care home entre autres. « Martin Luther King avait dit : «  I have a dream ».  Et ce rêve est devenu “ notre rêve”. Si je suis arrivée jusque-là c’est par la volonté d’Allah et aussi l’aide de mon oncle Rassool Auckbaraullee, qui fut l’un des premiers Mauriciens à émigrer au Canada dans les années 70.  Il voulait toujours aider les immigrants comme lui. Je poursuis son rêve à ma manière, » conclut-elle.

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Morte à la fleur de l’âge : PAPIM rend hommage à Shaheeda Karrim, emportée par un cancer http://starpress.info/morte-a-fleur-de-lage-papim-rend-hommage-a-shaheeda-karrim-emportee-cancer-2197/ Wed, 02 Aug 2017 08:04:13 +0000 http://starpress.info/?p=2197 La douleur est encore vive pour les proches de Shaheeda Karrim, née Khedarun, morte d’un cancer à l’âge de 29 ans.  Ainsi, la mort, cette rupture inévitable, laissent des plaies  qui tardent à cicatriser même 5 ans  après. D’autant que la disparue respirait la joie de vivre avant de partir pour l’au-delà.

Shaheeda est morte d’un cancer de l’intestin en 2002. L’association PAPIM, le sobriquet de Shaheeda, qui mène une lutte contre le cancer, a voulu lui rendre hommage. De parents mauriciens , Shaheeda vivait en Angleterre et travaillait comme sage femme dans un hôpital. Mère d’un fils d’un an au nom de Sami Yusuf  à sa mort, Shaheeda était une belle femme remplie de joie. Marié à Sabir Karrim, elle menait une belle vie entourée de sa famille.

Selon sa cousine Tasneem Khedarun, Shaheeda venait assez souvent rendre visite à sa famille à Maurice.  Lors de ses visites, elle se faisait un devoir de rencontrer ses proches. Des retrouvailles remplies de fous rires, de souvenirs de jeunesse et des histoires qu’elle racontait pour faire rire tout le monde. Très attachée à la famille à Maurice, Shaheeda ne manquait jamais de saluer les aînés , surtout ses oncles et tantes. Elle était adorable et sympathique.

Cancer à l’estomac

Shaheeda ne savait pas qu’elle était  atteinte d’un cancer d’estomac, car elle vaquait à ses occupations normalement. Elle ne savait pas que bientôt elle allait devoir quitter ce monde pour l’au delà. Son oncle, Ahmad Reza Khedarun, se rappelle que la famille a été ébranlée au moment où elle a appris que Shaheeda fut diagnostiquée d’un cancer à l’estomac. Shaheeda pleurait en silence car elle savait qu’elle allait mourir. La première question qu’elle a posée aux médecins était celle-ci : « Combien de temps me reste-il à vivre? ».

 «Le Tout Puissant  sait mieux. Peut être que Shaheeda est au plus haut rang de Jannat Ul Firdaus»

Chaque fois qu’elle tenait son fils dans ses bras ou elle le regardait , elle avait des larmes aux yeux et ceux présents ne pouvaient résister eux aussi  à pleurer à chaudes larmes. Âgée seulement de 29 ans, son cancer s’est répandu très vite et au bout de 3 mois elle poussa son dernier soupir. Cependant, les proches se sont promis qu’ils feraient de la mort de Shaheeda un test pour le maintien de relations et de vivre-ensemble.

Sa cousine Tasneem ne peut oublier ce matin du 27 août à 9 heures du matin après que son père a raccroché le téléphone , la voix enrouée par l’émotion, secoué par la tristesse, il annonça : « Mauvaise nouvelle, nous avons perdu PAP ». Tasneem avait senti la terre se dérober sous ses pieds, comme si rien n’existait à ce moment précis. Son esprit était pris dans un trou noir. Elle ne put esquisser aucun  geste ni dire aucun mot. Pour elle, pendant un moment le temps est resté figé.

La maman de Shaheeda, Naseem Khedarun Chandlay,  écrasée par la douleur de perdre une fille de 29 ans ne s’est jamais remise de cette tragédie. Elle décrit sa fille ainsi : “ The most beautiful person inside out. She was known as the girl with the Colgate smile. She was the pride and joy of  her parents. We thank Allah for making her our first born.The void she has left can never be filled ”.

Naseem a accepté que la mort c’est la volonté du Tout puissant . « To Allah we belong and to Him is our return. Telle est notre foi. Le Tout Puissant  sait mieux. Peut être que Shaheeda est au plus haut rang de Jannat Ul Firdaus », dit-elle.

Elle raconte que le cancer est une maladie génétique et héréditaire dans sa famille mais que Shaheeda était l’un de deux seuls cas de cancer du côté de sa famille. Après sa disparition, son fils Sami Yusuf avait déclaré que sa maman était l’étoile la plus brillante du ciel.

Tasneem fait ressortir que l’association PAPIM ne pourra  fonctionner sans les efforts de ses membres le soutien des membres de sa famille et la bénédiction du Tout Puissant. « Shaheeda en était l’âme et le souvenir douloureux de la perdre est un sentiment que nous aimerions éviter à d’autres familles », nous dit-elle.

PAPIM

020817_papimPAPIM a vu le jour en février 2016. Elle a comme objectif principal de mener une lutte contre le cancer, de sensibiliser et d’inculquer à la société le besoin d’un mode de vie plus sain pour réduire le risque du cancer. La présidente en exercice, Tasneem Khedarun indique que le risque d’être diagnostiqué d’un cancer peut être réduit simplement par un changement de mode de vie. « Notre mission est d’inculquer une culture de mode de vie sain  aux Mauriciens et en particulier  à la jeune génération. Les gens doivent réduire les mauvaises habitudes alimentaires , combattre la paresse, le manque d’exercice et une attitude trop décontractée eu égard à leur santé », dit-elle. Un boot camp gratuit est organisé du 16 juillet au 20 août 2017 au Sodnac Welness Park les dimanches. Ce camp sera dirigé par Roshan Chengelerayen et son équipe de professionnels  de la salle de sport Warriors.

Comité exécutif de PAPIM

Présidente :  Tasneem Khedarun. Membres: Hansley Ludor, Meenakshi Ramgutee, Ruksha Durgachun, Havish Ludor, Railesh Hancharaz, Ashwin Ludor, Ravy Chady.

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Soonee Muslim Senior Citizen Welfare Association : célébration de la fête Eid-Ul-Fitr http://starpress.info/soonee-muslim-senior-citizen-welfare-association-celebration-de-fete-eid-ul-fitr-2163/ Fri, 28 Jul 2017 07:06:22 +0000 http://starpress.info/?p=2163 Dans le cadre de la célébration de la fête Eid, la  Soonee Muslim Senior Citizen Welfare Association  (SMSCWA) a organisé  son déjeuner annuel et une distribution de cadeaux  au centre  municipal polyvalent à la route Militaire, Port-Louis.

Le programme a commencé par une récitation des versets du Coran par Mohammad Khaleel Lowtoo, suivie par le discours de bienvenue du vice- président Goolam Mohamed Issac. L’imam Mamode Aniff Jhummun  a fait un quizz sur l’islam et les gagnants  ont tous reçu des cadeaux. On a aussi noté la présence de l’adjoint au Lord-maire.

Le  Dr. Anwar Husnoo, ministre de la Santé et de la Qualité de la Vie, a  félicité  bhai Rahim pour le travail accompli au bénéfice des personnes du 3ème âge. Il a rappelé que son ministère  mettra sur pied une nouvelle Medicare Clinic  dans la région de St François-Xavier. «Nous allons transformer l’ancien dispensaire qui est inutilisable depuis des années pour en faire une clinique moderne. Le gouvernement a déjà voté un budget de Rs 40 millions à cet effet et les travaux sont déjà enclenchés », a-t-il déclaré.

Il a aussi cité d’autres projets, dont  un dispensaire à  Roche Bois. « Et aussi  je compte  lancer un nouveau service de santé à l’hôpital  Dr. Jeetoo, avec l’ouverture d’un centre de neurochirurgie, dialyse et aussi un  salon de transit.

À partir du 11 août 2017, nous allons démarrer une campagne de dépistage pour  le diabète,  les maladies cardiaques, le cancer, la tension artérielle, entre autres », ajoute-t-il.

Bhai Rahim Elyhee, président  de SMSCWA, a remercié le ministre de la Santé, l’adjoint au Lord-maire, Essan Ismay Mamode, la municipalité de Port-Louis et la compagnie Island Civil & Mechanical Contracting Ltd pour avoir sponsorisé cette activité.

Comité de direction pour 2017/18
Président : Abdool Rahim Elyhee
Vice-président : Goolam Mohamed Issac
Secrétaire : Abdallah Fakira
Ass. Secrétaire : Dawood Boodhun
Trésorier : Reshad Dinah
Ass. Trésorier : Safee Mahamedali
Responsable Loisirs: Samsoodeen Aumeeruddeen
Responsable activités religieuses: Latiff  Nuckchady
PRO: Fazil Krumtally
Membres: Raffick Bholah et Mahmoodkhan Abdool

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À Pamplemousses : célébration de la fête Eid http://starpress.info/a-pamplemousses-celebration-de-fete-eid-2104/ Fri, 21 Jul 2017 09:15:13 +0000 http://starpress.info/?p=2104 Le 7 juillet 2017, le conseil de district de Pamplemousses a  organisé la célébration de la fête Eid au centre social de Plaine des Papayes. Au programme : spectacle culturel, Quiraat et naats suivis d’un dîner. Le Mufti Muhammad Mujeeb Alam, Khateeb de Bagh-E-Iram Masjid a déclaré ceci : « La célébration de l’Eid est une bénédiction.  Elle n’est pas que pour les riches, mais pour les pauvres aussi ».

L’invité  d’honneur, le ministre Sudesh Callychurn a  souhaité « Eid Mubarak » à tous les invités présents.  Pour lui, la fête Eid est devenue une fête nationale. Il s’est dit fier de vivre à Maurice, un pays arc-en-ciel.  « Dans notre village, nous organisons annuellement la fête Eid. Toutes les communautés se réunissent comme c’est le cas aujourd’hui (NdlR : 7 juillet) pour célébrer cette fête avec beaucoup de joie », a souligné le ministre.  Il  a rappelé les efforts du GM pour la bonne organisation du pèlerinage à la Mecque  et  pour s’assurer qu’il n’y aurait aucune pénurie des animaux pour le qurbani.

Le président du conseil de district de Pamplemousses, Sunael Singh Purgus. a accueilli ses 500 invités, dont des conseillers de district, des présidents, des membres du personnel et des villageois.

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Isshack Hasgarally n’est plus – Cassam Uteem : «Un homme de lettres méconnu qui a enrichi la littérature …» http://starpress.info/isshack-hasgarally-nest-plus-cassam-uteem-homme-de-lettres-meconnu-a-enrichi-litterature-2087/ Wed, 19 Jul 2017 05:42:48 +0000 http://starpress.info/?p=2087 Isshack Hasgarally est décédé lundi dernier (10 juillet) à l’âge de 77 ans. Ses funérailles ont eu lieu dans la soirée: il fut inhumé au cimetière de Riche-Terre, en présence d’un grand concours de parents, d’amis et de connaissances.

C’est avec une énorme tristesse qu’il m’incomba de faire part de son décès à quelques-uns de nos amis communs. Le sort en avait ainsi décidé. Il était 14h15 cet après-midi là lorsque j’arrive à la salle L2 de l’hôpital Jeetoo, à Port-Louis, pour rendre visite à Isshack, hospitalisé depuis environ une semaine. L’infirmier en charge m’informe qu’il avait tout juste rendu l’âme, il y avait à peine 5 minutes. J’arrive donc, hélas, trop tard et découvre alors, sur ce lit d’hôpital, le visage émacié dans un corps sans vie de cet ami de longue date qui, durant ces 4 dernières années, souffrait d’une maladie irréversible, avec un déclin progressif de ses facultés cognitives et de la mémoire. Il était l’ombre de lui-même au moment où il s’est éteint. Son épouse, Dalida, écrasée par la douleur, a été son ange gardien tout le long de sa maladie et elle fit montre d’une abnégation et d’un dévouement exemplaires, comme peuvent en témoigner tous ceux qui connaissent de près ce couple.

Une vie faite d’épreuves

Issu d’une modeste famille, originaire de Plaine-Verte, Isshack  Hasgarally a connu, pendant son enfance et son adolescence, comme nombre de ceux et celles de sa génération qui grandissaient dans ce faubourg négligé de Port-Louis, une vie faite d’épreuves et de difficultés de tous genres et c’est au prix d’énormes sacrifices et aussi grâce à l’aide d’un mécène, m’avait-il confié, qu’il réussira à poursuivre ses études secondaires, au collège Bhujoharry. Il prendra ensuite de l’emploi à l’Overseas News Service du ministère de l’Information où il passera de nombreuses années avant de se joindre à la Central Housing Authority (CHA) comme Housing Officer. La fermeture abrupte de cet organisme parapublic en 1993, devait jeter le désarroi parmi de nombreux employés qui furent renvoyés sans autre forme de procès. Issack fut parmi ces derniers. Il perdra non seulement son emploi mais devra également libérer la maison qu’il occupait en tant que locataire-employé de la CHA. Avec une maigre retraite de pitance, Issack s’arma de patience, et sans perdre son sens de l’humour proverbial, il se démena pour réussir à faire bouillir la marmite et assurer l’éducation sans entraves de ses trois enfants.

Un vif intérêt pour la littérature

Militant dans l’âme, et bien avant l’heure, il fut appelé par le ministre Bashir Khodabux pour être son attaché de presse au moment où celui-ci accède au ministère de l’Environnement et, en 2003, avec l’avènement de Paul Bérenger au poste de Premier ministre il fut nommé au siège éjectable de conseiller auprès de ce dernier. Isshack  continuera, par la suite, à militer, à sa façon, comme journaliste ‘free lance’ à Le Défi Quotidien, comme il le faisait naguère bénévolement au journal Star pendant la période pré-indépendance et durant la folle période des bagarres communales sanglantes de 1968.

Issack qui avait très tôt démontré un vif intérêt pour la littérature, en langue française en particulier, s’était mis à l’écriture, durant les heures mortes de la nuit, au bureau central de l’Information, en attendant que tombent les dépêches de Reuter et de l’AFP, dont il veillera à ce qu’elles soient acheminées vers les salles de rédaction de la presse, chaque matin. C’est là qu’il devait, empruntant les sentiers des Kissoonsingh Hazareesing et autre Régis Fanchette, développer ses talents d’écrivain et de dramaturge.

Lorsque je le rencontre pour la première fois, au début des années 60, il avait déjà, dans son sac, plusieurs manuscrits  et il m’en sortit un qu’il me recommanda tout particulièrement. C’était une pièce de théâtre relatant l’ultime étape de la vie du Docteur Idrice Ameer Goumani et qu’il avait intitulée Victime du Devoir. Ce jeune médecin était un héros que l’Histoire de Maurice semblait avoir oublié. Né à Plaine-Verte, alors Camp des Lascars, il ira étudier la médecine en Écosse et à peine rentré au pays, ce premier médecin mauricien de confession musulmane, se porta volontaire pour soigner les malades mis en quarantaine, atteints de la variole, alors même que ses confrères hésitaient ou refusaient tout bonnement de s’approcher de ceux ayant attrapé cette maladie hautement contagieuse. La témérité de notre bon docteur ne l’empêchera pas, malgré les précautions prises, de contracter la maladie. Il tombera sur le champ de bataille, victime du devoir, et sera mis en terre à l’endroit même ou il s’était isolé pour soigner ses malades, à la station de quarantaine de Pointe aux Canonniers, lieu où se trouve aujourd’hui le Club Med. C’était au mois de juillet 1889 et le Dr Goumani avait à peine 30 ans.

Le Cercle Goumani

Cette pièce de Isshack  Hasgarally, dont j’eus le privilège d’assurer la mise en scène au théâtre municipal de Port-Louis, avec la participation de jeunes Portlouisiens, dont les regrettés Tawfick Beedassy et Ibrahim Sheik Yousouf, connut un franc succès et lança son auteur, dont quelques unes de ses œuvres allaient, par la suite, être publiées ou mises en scène. Le nom du Dr Goumani, jeté aux oubliettes, fut en même temps ressuscité et, en fondant un cercle littéraire auquel nous avions donné son nom – Le Cercle Goumani – nous voulions assurer la pérennité de cet acte d’abnégation et de bravoure d’un jeune Portlouisien dans l’exercice de sa noble profession. La municipalité de Port-Louis devait plus tard donner le nom du Dr Goumani à son nouveau centre social de la rue Magon, situé à quelques encablures de la résidence de la famille du Dr Goumani.

Il fut ainsi et enfin reconnu et honoré comme le fut avant lui le Dr Horace Lazare Beaugeard, mort dans les circonstances similaires et en reconnaissance duquel un monument fut érigé au jardin Les Salines, à l’entrée sud de Port-Louis.

Avec Isshack Hasgarally et Tawfick Beedassy, nous formions un trio qui était connu, surtout dans la région de Plaine-Verte, pour sa prise de position à travers des pamphlets publiés régulièrement sur les sujets d’ordre social, culturel, moral et spirituel. Sous l’égide du Cercle Goumani, nous organisions souvent des séances de quizz et de débats ainsi que des cours d’initiation à l’art dramatique.

L’autre pièce de Isshack  qui attira la grosse foule à chacune de ses 4 ou 5 représentations au théâtre municipal de Port-Louis, s’intitule « Je dois vivre ». C’est l’histoire de S. Valayden, jeune acteur mauricien au grand talent, membre du 2nd Tamil Scouts de Rose-Hill, qui atteint de leucémie, devait mourir après avoir remporté le prix du meilleur interprète masculin au Youth Drama Festival pour son rôle dans la pièce Othello de Shakespeare.

L’Art ne connaît pas de frontières et Isshack  nous démontra, de manière éloquente, que l’Amitié non plus n’en connaît pas. Merci, vieux frère. Rien que pour cela tu mérites toute notre reconnaissance !

Que tous ceux qui pleurent la disparition de cet ami, humble et toujours serviable, cet homme de lettres méconnu qui a enrichi la littérature mauricienne francophone et anglophone, ce militant de l’ombre honnête et sincère jusqu’au bout, ce chef de famille qui a su transmettre les valeurs universelles de probité et de respect à ses enfants, Shakeel, Jasbeer et Irshaad, qu’ils trouvent tous ici l’expression de nos condoléances émues et de nos bien vives sympathies.

Cassam Uteem


L’héritage

On est maintenant décalé dans deux mondes. On a voulu te voir, on a voulu tout savoir. Ce sourire qui restait caché, un soupçon de toi. Tu étais présent. Authentique, romantique. Mais, hélas lui aussi est encore plus redoutable, dévastateur. Mon père et l’Alzheimer.

Isshack Hasgarally, un nom, une personne, maintenant pourquoi pas un symbole. Eh oui, tu as eu un vécu. Une vie de lutte. Une vie d’exemple. Une vie dans la droiture. Le Créateur t’a choisi avant ta rencontre avec Lui à être un exemple sur une autre dimension. Un test qui fait fuir, qui fait frémir. Cette maladie qui défie la science, la médicine, la connaissance. Cette maladie qui pousse à la réflexion profonde sur la création divine, le cadeau de l’intellect et la valeur inestimable de pouvoir se remettre à Dieu le Tout Miséricordieux. Puis accepter notre impuissance par les mots « Louanges à toi, ôh Maître ».

Ton entourage pleure ton départ. Tu étais de nature aimable et tu as été aimé, supporté par tant de personnes. Avant tout, ta chère épouse, tes enfants, tes médecins, les infirmiers, les bénévoles du centre d’Alzheimer, tes amis, tes voisins. Ton entourage se rejoint aussi! Tes accomplissements, cet héritage d’ouvrages littéraires, d’influence  sur la politique, motivateur des jeunes générations. Aller plus loin,  se développer, être confiant en soi, se surpasser à travers l’instruction.

Le Créateur t’a choisi avant ta rencontre avec Lui à être un exemple sur une autre dimension.

Ta passion pour l’écriture et l’histoire a été contagieuse, un effet magnétique. Cette finesse dans ton style, tu as toujours voulu la partager –  donner sans rien attendre en retour. Tu as porté avec courage « une voix » – promouvoir la méritocratie, l’harmonie, le respect, la justice sociale. Tout cela nous marquera à tout jamais et nous prions que tu ne sois pas parmi les derniers, une minorité.

Tu l’as compris très jeune. Tu l’as inculqué à travers l’île, ton Port-Louis, ta Plaine Verte. Notre histoire, notre patrimoine. Plume à la main, tu as été un ambassadeur. Nous gardons comme des souvenirs impérissables tes articles signés Greenfield. Tu l’as fait de cela un devoir. L’émerveillement, face à la dévotion des grands du passé tels que le Dr. Idrice Ameer Goomany, sera possible grâce par ta contribution. La vie d’antan dans le Port-Louis de ton enfance, la vie chaleureuse dans l’île malgré la terrible période de la deuxième guerre.

When Blooms the Talipot sera gravé on le souhaite dans la mémoire de plusieurs autres générations. La vie t’a fait un cadeau, ton destin t’a préparé sans que tu ne le saches a une fin héroïque. Ton dernier livre est resté inachevé, « La vie de l’homme modèle pour l’humanité », la vie du dernier prophète, (Paix et miséricorde de Dieu soit sur lui). Serons-nous capables d’y arriver?

2017, le talipot a fleuri au Jardin botanique de Pamplemousses, le talipot est mort. 2017, au père ton âme nous a quittés.  Serais-tu aussi dans les rangs d’une autre « Victime du devoir »? Serais-tu de ceux, tel que tu l’as remarquablement rapporté, de la révélation divine du Quran à ta pièce sur le Dr. Idrice Goomany, parmi ce qui pourrait être attribué au verset du surat 2, verset 154.
Inspiré par le présent, vivre dans ton passé, ensemble vers l’avenir, tu as tout à gagner. Que ton vécu et ton leadership nous stimulent vers quelque chose de grand et de bien.

Ton fils,
Irshad Hasgarally
PS : La famille tient à remercier tous ceux qui leur ont témoigné de la sympathie dans ces moments difficiles. Qu’Allah (SWT) lui accorde le Jannat-ul-Firdaüs!


Adieu ami, adieu frère

C’est avec la plus grande peine que nous avons appris le décès de notre ami et frère, Isshack Hasgarally, 77 ans, au petit matin le lundi 10 juillet 2017 après une longue maladie.

Isshack Hasgarally qui avait eu une longue carrière à la CHA (Central Housing Authority) jusqu’à sa fermeture en 1993, avait apporté une énorme contribution à la lutte pour l’indépendance du pays en collaborant avec les journaux pro-indépendantistes de l’époque : The Star, Advance et Mauritius.  S’il n’avait ni l’éloquence de Cicéron ni l’art oratoire de Démosthène, il était une fine plume qui s’était mis au service des valeurs universelles pour délivrer son pays du joug colonial. Nous avons toujours été très admiratif de la façon dont Isshack Hasgarally rédigeait ses écrits : il privilégiait un style clair et simple pour ne pas alourdir le texte et obscurcir le message. C’était lui tout craché. Il abhorrait le superflu et le superficiel. Son style reflétait sa personnalité.

Ami de longue date de l’ex-président de la République, Cassam Uteem, qu’il avait encouragé à rejoindre le MMM avant les élections générales de 1976, Isshack était un homme d’une admirable sagacité et d’une énorme sagesse. Proche de Bashir Khodabux, il avait été son conseiller quand celui-ci avait été ministre de l’Environnement.  Il avait aussi été le conseiller de Paul Bérenger entre 2000-2005.

Certes, Isshack Hasgarally attachait un grand intérêt à la politique, mais il est resté avant tout un homme de lettres.  C’est en effet dans le domaine de l’écriture qu’il s’est le plus illustré. Dramaturge à ses heures, il a écrit de nombreuses pièces de théâtre qui ont été portées sur les planches, entre autres : « Et la dernière tue »,  « Victime du devoir », « Le Veinard ». Il est aussi l’auteur d’un roman d’amour en anglais intitulé « When Blooms the Talipot » sorti des presses en 1994 qui a pour cadre l’île Maurice pendant la seconde guerre mondiale. Isshack nous fait découvrir   ses plus beaux souvenirs d’enfance et d’homme. Comme s’il avait pressenti que deux décennies plus tard la maladie allait rendre sa mémoire défaillante.

être l’ami d’Isshack a été un privilège et un honneur. Son amitié était réelle, sincère, pure, indestructible. Son départ de ce monde laisse un vide incomblable. Isshack était plus qu’un ami.  C’était un grand frère dont les conseils nous étaient très précieux en tant que collaborateur de STAR jusqu’à tout récemment et autrefois de l’hebdomadaire IMAPCT NEWS.

Nous manquerons à notre devoir si nous n’exprimions pas notre appréciation, notre admiration et notre gratitude  à son épouse Dad qui lui a apporté aide, réconfort et soutien durant toute la durée de sa maladie. à elle et à ses trois enfants, Shakill, Irshaad et Jasbeer, nous présentons nos plus vives sympathies.

Moostapha Cadersaib

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Amina Abdool, receveuse : «Jeûner est une question de volonté» http://starpress.info/amina-abdool-receveuse-jeuner-question-de-volonte-1821/ Wed, 21 Jun 2017 08:23:33 +0000 http://starpress.info/?p=1821 Observer le jeûne et exercer le  travail de receveuse, c’est être entre 8 à 12 heures sur ses pieds par jour. Cela,  peut paraître  difficile  pour une dame. Pourtant Amina Abdool qui travaille au   sein  de la compagnie United Bus Service  à Cassis, n’est pas de cet avis.

Amina,  47 ans, est respectée par ses collègues hommes et dames qui  l’appellent affectueusement «Ti Kala ». C’est une petite boule d’énergie,  une battante qui  ne manque pas  de volonté et de courage. Elle  est receveuse d’autobus depuis bientôt 7 ans. C’est  le 2 septembre 2010, qu’elle  a fait son entrée à la compagnie UBS. Pour elle c’est avec passion qu’elle fait son boulot. Au commencement elle avait éprouvé  des difficultés avant de s’adapter. Aujourd’hui elle est fière de ce qu’elle fait.  Elle  a le support  de sa mère  Hafiza, qui habite avec elle et  celui de ses enfants. Après son travail, la première chose qu’elle fait  est d’accomplir  ses namaz.  Pour elle, c’est la clé de sa réussite.

Elle se lève à 4 heures et prépare le Sehri avec l’aide de sa petite famille. Elle  avoue toutefois qu’au début pour se réveiller pour le  Sehri et se préparer pour le boulot, n’était pas facile.  « Le plus souvent je mange le pain avec du curry. Je bois une tasse de thé et des fois  du pain, du  beurre et une tasse de gruau. Mais pour l’Iftar,  le plus souvent je la fais à la gare ou dans le bus. Rarement, je reste à  la maison avec mes enfants », dit-elle. La compagnie offre  à ceux et celles qui  jeûnent des gâteaux pour l’Iftar.

« Ce mois compte beaucoup dans ma vie et les namaz  sont pour moi comme un guide. Après la mort de mon époux il y avait des lourdes responsabilités sur mes épaules avec trois gosses  dont le cadet qui souffre  d’épilepsie. Ma décision fut prise : j’avais décidé de travailler pour la compagnie UBS », dit-elle encore. Elle est  toujours «Relief Worker », mais  elle a de la volonté.  Elle souhaiterait  être employée sur une base permanente à la compagnie.  Pour cela elle bosse dur.  Comment fait Amina pour observer les jeûnes et travailler  8 à 12 heures par jour ?. «Il faut  avoir la foi dans ce que l’on fait, jeûner n’est un  fardeau surtout  à Maurice comparé aux autres pays du monde.  Et puis  c’est aussi une question de volonté », affirme-t-elle.

Après 16 ans de mariage, Amina perd son époux Rashid Mamode Abdool, qui était marchand ambulant.  Elle se retrouve du coup avec trois enfants sur les bras – Twariq , aujourd’hui  âgé de 19 ans, Ismael, 18 ans qui souffre  d’épilepsie et  Youssouf, 17 ans.   Au début, elle travaillait  comme « Care Taker » dans une école,  mais ses revenus  ne lui permettaient pas d’arrondir ses fins du mois.  Alors, elle  décida de suivre les traces de son frère  Bashir, qui est aussi  receveur. D’autant plus, qu’elle a vu des receveuses travailler dans d’autres compagnies de transport public.  Aujourd’hui,  elle  ne  regrette pas sa décision.  Soulignons que la compagnie UBS  offre a ses employés une variété des gâteaux pour l’Iftar, avec une  salle des prières pour les dames  et une pour les hommes  à son Head office à Cassis et à Forest-Side.

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