vendredi , 23 février 2018
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Acktarally Sahabooleea

Acktarally Sahabooleea, planteur de légumes : «Le gouvernement a le devoir moral de venir en aide aux planteurs»

Les petits planteurs de légumes ne savent plus sur quel pied danser après que les récentes inondations ont ravagé leurs plantations. Dépités, ils attendent que le gouvernement leur file un coup de main pour se remettre à flot.

Nous sommes allés à la rencontre d’Acktarally Sahabooleea, un planteur de légumes de Notre Dame, qui semble avoir pris un énorme coup de massue sur la tête. Il a perdu une bonne partie de ses récoltes sur un terrain d’une superficie de 4 arpents. Acktarally, qui depuis des années a pris la relève de son père, nous indique que même si Berguitta n’a pas affecté sa plantation d’herbes fines, de lianes de concombre, patole, calebasses et pommes d’amour, néanmoins il lui faudra attendre 15 à 20 jours pour connaître l’étendue des dégâts. Si la plantation n’est pas récupérable il faudra alors attendre un peu pour mettre en terre les semences et attendre trois mois pour la récolte.

Acktarally est insatisfait de l’aide du gouvernement en faveur des petits planteurs. «Gouvernement dire li pou donne trois pocket du sel et semence. Mais si sa semence là nous pas servi ki nous pou faire», dit-il.

Acktarally trouve bizarre que les pêcheurs sont payés pendant les périodes prolongées de mauvais temps tandis que les planteurs qui jouent un rôle important dans notre économie ne touchent rien comme compensation.

Acktarally ajoute qu’il a sollicité l’aide des chimistes du gouvernement mais personne n’a répondu à sa sollicitation. Il a dû se tourner vers le privé et payer une somme d’argent.

En attendant que le soleil refasse son apparition et le temps revienne à la normale, les planteurs doivent continuer à débourser de leurs poches pour payer les travailleurs à refaire le champ. «Si dans beau temps pas faire l’économie dans mauvais temps nous reste sans manger», souligne notre interlocuteur.

Acktarally veut se tourner vers la culture hydroponique mais le gouvernement fait le difficile et demande que le terrain doit se situer dans un endroit retiré. Il pense néanmoins se tourner vers la culture protégée qui coûte moins cher.

Il précise que la situation est inquiétante et que d’ici cinq ans les petits planteurs disparaîtront. « Les jeunes ne veulent plus travailler dans les plantations de légumes et le prix des fertilisants a augmenté. De nos jours la main d’œuvre coûte très cher », explique Acktarally.

Il est d’avis que l’association des petits planteurs n’a pas sa raison d’être et ne fait rien de concret.

« Ce que le gouvernement propose aux planteurs n’est guère suffisant. Savez-vous que j’expose Rs 50 000 par arpent avant la récolte? Comment retirer mon argent et faire des profits ? » nous dit Acktarally. Mais de toutes les façons il ne va pas abandonner ni baisser le bras. Acktarally se battra pour relever la tête.

Signalons que dans le nord, 35% des plantations ont été abimées et la production des légumes chutera de 45 à 50% .

Acktarally lance un appel au gouvernement pour que ce dernier vienne en aide aux petits planteurs notamment en leur ouvrant une ligne de crédit avec un faible taux d’intérêt.

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