lundi , 25 septembre 2017
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Salmah Moradun Bengah et Azad Dilmohamed
Salmah Moradun Bengah et Azad Dilmohamed

Accompagnateurs des Pèlerins depuis 25 ans

Salmah Moradun Bengah : «Le hadj est très éprouvant à 50 degrés à l’ombre»

Salma Moradun Bengah sera à son 25ème voyage consécutif en Arabie Saoudite comme «helper» pour épauler son époux Murtuza Bengah, organisateur du hadj. Un véritable exploit pour une femme qui accomplit ses devoirs  comme musulmane en se mettant  au service des hajees.  Salmah Moradun Bengah a beaucoup à raconter depuis qu’elle a foulé pour la première fois la terre sainte. Elle se rappelle de ses débuts quand les conditions du hadj étaient extrêmement difficiles. Lors de sa première expérience quand elle avait accompagné son époux, elle avait vu des hadjees en larmes, des femmes malades et les conditions difficiles qui régnaient dans les camps. à cet instant-là, elle a fait le serment de revenir l’année suivante pour aider les hajees. Ses enfants étaient en bas âge et elle les a laissés aux bons soins d’un parent pour rester tout un mois auprès des hajees pour les aider du mieux qu’elle pouvait.

« Dans Mina mo ti pe cuit manzé pou 100 dimoune gratuitement et mo prépare tiffin pou alle faire ziyarat », indique-t-elle. Elle accompagnait les femmes lorsqu’elles accomplissaient l’umrah et courait à droite et à gauche pour soulager leur peine. Elle se souvient des vieilles personnes qui étaient malades et restaient alitées. «Je m’occupais de ces vieilles personnes et je les ai remises sur pied», dit-elle.

Salmah Moradun Bengah se souvient des moments difficiles comme les incendies à l’hôtel, les inondations et les bousculades. Elle nous révèle que son plus grand atout est son calme face à n’importe quelle situation.  «  Il faut savoir se maîtriser, parler avec douceur avec les hajees et leur remonter le moral. Le hajj est parfois très éprouvant surtout quand il fait 50 degrés à l’ombre. Mon rôle consiste à aider les hadjees à prendre des précautions,» poursuit-elle. Même si parfois elle entend des hadjees dire du mal de son époux, elle le prend avec le sourire et après tout rentre dans l’ordre.

Salmah Moradun Bengah nous explique que ce n’est pas seulement durant le déroulement du hadj qu’elle est occupée avec les hadjees. Son travail commence un mois avant le départ des hadjees. « Il y a quinze ans, il n’y avait pas autant de facilités comme maintenant. Pour sortir d’Arafat pour se rendre à Muzdalifa, les autobus prenaient toute une nuit. De nos jours il existe des camps avec guides et tout est bien organisé », fait-elle ressortir.

Salmah Moradun est d’avis qu’il est impératif qu’il y ait dans chaque groupe une femme comme accompagnatrice.

Elle précise qu’elle fait ce travail sans rémunération. Elle nous fait comprendre qu’elle effectuera ce travail volontaire tant qu’Allah lui donnera le courage et la force. «Allah m’a choisie pour aider les hadjees et jusqu’à ma mort je le ferai. Qui sait ? Peut- être  qu’un jour je ne retournerai pas dans ma famille. Si telle est la volonté d’Allah je suis prête à l’accepter », conclut-elle.


Azad Dilmohamed :  «Dans un groupe de 100 pèlerins, il y a 100 caractères et 100 mentalités»

Attention et disponibilité. Ce sont les deux grandes qualités d’Azad Dilmohamed, 63 ans, qui agit comme accompagnateur de pèlerins du groupe Noorie Islamic Movement de Montagne Blanche, dirigé par l’imam Nooroodeen. Azad Dilmohamed avait débuté comme volontaire en 1990 dans le but d’aider les hadjees à accomplir leur pèlerinage sans difficulté. Il a toujours été  très actif et fait partie de la liste des principaux collectionneurs de Zakaat de l’Islamic Welfare Foundation.

Pour le pèlerinage,  son travail consiste à regrouper les hadjees et suivant les instructions de l’imam Noorooddeen, il leur prodigue les conseils nécessaires. En Arabie Saoudite, quoiqu’exténué et accablé par la chaleur, il est toujours disponible pour aider les hadjees. Son travail débute à l’aéroport pour regrouper les hadjees avant l’embarquement. À Djeddah,  son rôle consiste à canaliser les hadjees vers Makkah pour qu’ils prennent leurs quartiers dans leur hôtel. Le même jour malgré la fatigue, il aide les hadjees de son groupe à accomplir l’umrah. Bhai Azad nous raconte que certains hadjees mauriciens n’écoutent pas les consignes des organisateurs et croient qu’ils sont en territoire conquis et créent des problèmes. Durant les 5 jours de hadj, bhai Azad et l’imam Noorooddeen sont au four et au moulin pour aider leurs hadjees et parfois ils prennent la responsabilité d’autres hadjees pour accomplir un hajj parfait avec toutes les obligations (Farz).

Bhai Azad retourne dans le passé pour nous raconter le hadj d’antan où 100 personnes étaient entassées dans un autobus brinquebalant. Il se souvient qu’en 1997 il n’y avait pas de « special services » à Mina ni à Arafat. «Nous ti ouvert ene boîte sardine pou 17 dimoune manger avec ene boutte du pain», se rappelle-t-il. Il se souvient aussi de l’époque où 15 à 20 personnes dormaient dans une seule chambre sur des moquettes. Et pourtant personne ne venait se plaindre dans les médias. Bhai Azad trouve que maintenant les hadjees sont mieux traités ayant toutes les facilités pour accomplir le hadj. «Aster gagne service 5-étoiles et zotte pas satisfait», souligne-t-il.

Il raconte que plusieurs dignitaires religieux musulmans ont accompli le hadj au sein du Noorie Islamic Movement, dont entre autres les maulanas Ahmad Jilani, Kaleem Jilani, Fayaz, Shameem Khodadeen, Zakaria et Khedun.

Quoique son âge (63ans) lui joue parfois des tours, bhai Azad avoue qu’il se sent encore capable d’accomplir ce travail de volontaire. Il nous raconte comment il avait pris un hadjee sur ses épaules pour l’emmener à son hôtel. Il a aussi transporté des hadjees malades vers les hôpitaux. Son travail demande une patience à toute épreuve. «Dans ene groupe de 100 personnes ena 100 caractères et 100 mentalités». Fait-il ressortir. Il s’agit pour lui de faire preuve de tact et de délicatesse pour ne pas les froisser.

Bhai Azad raconte l’engouement que suscite le hadj et les miracles dont il a été témoin. «C’est exceptionnel de voir de ses yeux des millions de hajees sur les routes. Les nombreux pèlerins qui s’abritent du soleil à l’aide de parasols de toutes les couleurs. Des cordons de sécurité et des volontaires qui distribuent de l’eau et de la nourriture. Le soleil est haut dans le ciel et l’air est irrespirable. Mais cela n’empêche pas les pèlerins de prononcer à haute voix: Labaik Allahouma Labaik.» Bhai Azad avoue qu’il frisonne à l’idée d’écouter les millions de voix monter au ciel.

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