lundi , 1 mai 2017
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Accidents de la route – Des lois encore plus sévères en vue

La Journée mondiale du souvenir des victimes des accidents de la route sera célébrée ce dimanche 20 novem­bre 2016. L’objectif est de rendre hommage à toutes les victimes d’accidents de la route et à leurs familles.Il faut surtout attirer l’attention du grand public sur l’ampleur des dégâts causés par les accidents mortels, aussi bien matériels qu’émotionnels. Les victimes des accidents mortels sur les routes de Maurice ont atteint un nombre très alarmant. Depuis le 1er janvier 2016 à ce jour, le nombre de victimes s’élève à 126. 40% des victimes sont des motocyclistes. Pour Raj Mootoosamy, président de Victim Support Mauritius (VSM), l’heure est grave. « Déjà un accident est un de trop. Le nombre de victimes s’élève à 126, qui est un chiffre très inquiétant », dit-il.

Il avance plusieurs raisons qui sont, selon lui, les causes des accidents mortels sur les routes de Maurice. « Malgré le passage du temps, la mentalité des Mauriciens n’a malheureusement pas changé. Elle ne changera pas non plus du jour au lendemain. De plus, je m’élève contre le système actuel d’octroi de permis de conduire comme principale cause des accidents », avance-t-il.

Raj Mootoosamy indique que le système d’octroi de permis à Maurice est très flexible et qu’il doit être revu. « Personnellement, je trouve que c’est seulement un test d’aptitude. Un motocycliste peut transporter un passager après qu’il a obtenu son permis. Pourquoi ne pas transporter une personne pendant le test pour évaluer sa capacité de se mainteni en équilibre », suggère-t-il.

Il ajoute que les jeunes font montre d’un manque de respect du code de la route. Cela provoque éventuellement des accidents qui sont parfois graves ou mortels. Selon lui, souvent ce sont les conducteurs imprudents qui provoquent des accidents. Souvent ils s’en sortent sains et saufs alors que des conducteurs expérimentés en sont les victimes.

Les infrastructures de nos routes sont également cause d’accidents, selon le président de VSM. « Les conditions de certaines de nos routes sont pitoyables, provoquant souvent des accidents », dit-il. Comme solution, Raj Mootoosamy propose l’octroi des permis temporaires à des nouveaux conducteurs. Il recommande la révision de la loi ainsi que des panneaux publicitaires dissuasifs. En cette période de fin d’année, Raj Mootoosamy demande à la population d’être très prudente sur les routes et d’éviter de consommer de boissons alcoolisées quand on doit prendre le volant.

Alain Jeannot, PRAT : « Les accidents sont évitables »

Le président de l’association Prévention routière avant tout (PRAT), Alain Jeannot, avance que les accidents de la route sont évitables. Etant donné que la flotte de véhicules a augmenté de 5% depuis l’année dernière, les risques augmentent aussi. « Le taux d’indiscipline sur nos routes augmente car toutes les deux minutes, la police établit une contravention. Mais, cela n’empêche pas les motocyclistes et les automobilistes de commettre des infractions », dit-il. Alain Jeannot soutient que plus de 90,000 conducteurs sont sanctionnés pour excès de vitesse par an ! La solution est simple, selon Alain Jeannot : respect du code de la route, respect des usagers de la route , ne pas consommer des boissons alcoolisées et conduire , bien dormir pour pouvoir bien conduire et ne jamais prendre le volant lorsqu’on est fatigué, être vigilant et prudent surtout lorsqu’on est piéton ou motocycliste. Les automobilistes doivent avoir de la considération et de la patience envers les usagers vulnérables tels que les piétons et les motocyclistes, savoir anticiper le danger, être visibles pour éviter les imprévus. Au niveau des infrastructures, Alain Jeannot estime qu’une bonne maintenance est nécessaire avec des lignes blanches très visibles et feux de signalisation toujours fonctionnels. Par ailleurs, il avance qu’il faut attirer l’attention sur le mélange explosif que constituent l’alcool et la route. « L’alcool concerne aussi les motocyclistes et les piétons .La sobriété doit être de mise lorsque vous partagez la route avec les autres car vos actions peuvent être au détriment de la vie des autres aussi. Puis, nous allons mettre l’accent sur le danger de l’euphorie, les relâchements. Nous allons faire un road show à cet effet », fait-il ressortir.

Nando Bodha « La moto-école et la Traffic Enforcement Squad contribueront à un changement d’attitude des usagers de la route »

Pour sa part, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, estime que le lancement de la moto-école et de la Traffic Enforcement Squad contribueront à un changement d’attitude des usagers de la route. Il lance un appel à la vigilance pendant la période festive, tout en indiquant que les accidents de la route coûtent une somme de Rs 6 milliards annuellement à l’Etat. Le ministre du Logement et des Terres, Showkutally Soodhun, avance que les membres du public ont leur rôle à jouer pour ce qui est de la réduction des risques d’accidents. À noter que la Traffic Enforcement Squad (TES) est une unité spécialisée de la police. Avant d’intégrer l’équipe, les éléments ont été appelés à passer une formation de deux semaines. Les cours étaient prodigués par un formateur affecté à la gendarmerie française. Ils rejoignent les 20 autres éléments de la TES répartis à travers le pays.

DCP Rashid Beekun : « La loi amendée d’ici la semaine prochaine »

Le DCP Rashid Beekun de la Traffic Branch, explique que la force policière travaille actuellement sur des nouvelles mesures pour créer un effet plus dissuasif chez les usagers, notamment avec des arrestations suite à un non respect du code de la route. « La loi sera amendée d’ici la semaine prochaine et elle sera encore plus sévère. L’alcool au volant ne sera plus toléré. Lors des contrôles de routine, le conducteur qui a consommé une boisson alcoolisée sera placé en détention jusqu’à ce qu’il aura retrouvé sa sobriété. Il se peut que le conducteur passe une nuit entière en prison », explique le DCP Beekun. Par ailleurs, un conducteur risque de voir la suspension de son permis par un magistrat pour deux mois dans un premier temps jusqu’à ce que l’affaire soit entendue en Cour. Lors du procès, il peut voir son permis suspendu pendant encore quelques mois. Idem pour les conducteurs ayant fait des excès de vitesse.

Le DCP Beekun souligne également que la force policière compte désormais 40 motards de plus qui ont été formés par des cadres de l’île de la Réunion. D’autre part, des policiers en uniforme effectueront des patrouilles dans des voitures banalisées dans plusieurs endroits et interviendront aussitôt qu’ils constatent des infractions au code de la route.

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