samedi , 22 juillet 2017
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Abus des drogues : les parents doivent être à l’écoute de leurs enfants

Écoutez d’abord. C’est le thème de la Journée internationale contre les abus et le trafic de drogues qui a été célébrée le 26 juin. STAR  a rencontré des travailleurs sociaux actifs dans le combat contre la drogue à Maurice.

Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), écouter les enfants et les jeunes constitue une étape cruciale pour les aider à grandir sainement et en sécurité. Fondée sur des données scientifiques, cette initiative a pour objectif d’accroître l’appui à la prévention de l’usage des drogues. Donc, un investissement efficace pour le bien-être des enfants, des jeunes, de leurs familles et de leurs communautés.

L’Assemblée générale de l’ONU a tenu une session extraordinaire sur le problème des drogues en avril 2016. Cette session extraordinaire marquait une étape importante vers la réalisation des objectifs définis dans la Déclaration politique et le Plan d’action sur la coopération internationale en vue d’une stratégie intégrée et équilibrée de lutte contre ce problème mondial, adoptés en 2009 et qui définissent les mesures qui doivent être prises par les États membres, ainsi que les objectifs en matière de lutte contre ce problème mondial d’ici 2019.

Ce document recommande une série de mesures relatives à la réduction de l’offre illicite de drogues et de la demande à l’amélioration de l’accès aux traitements et aux programmes de prévention. Les recommandations veillent aussi à ce que ces mesures respectent les droits de l’homme, ciblent les jeunes, les enfants, les femmes et fassent participer les communautés. Elles abordent aussi les défis émergents, notamment ceux liés aux nouvelles drogues et substances psychotropes, au renforcement de la coopération internationale ou encore au développement alternatif. Le document met également en lumière la nécessité d’appliquer des politiques et des mesures nationales efficaces en matière de condamnations. Enfin, il met fortement l’accent sur la prévention et le traitement.

Imran Dhannoo, du centre Idrice Goomany : «La responsabilité d’un enfant commence à la maison»

050717_imranIl est clair, selon Imran Dhannoo, responsable du centre Idrice Goomany, que la responsabilité d’un enfant commence à la maison. « Si l’enfant est mal entouré à la maison, il aura plus de liberté pour chercher les mauvais compagnons. Laisser des enfants à eux-mêmes peut les diriger vers à des maux sociaux. Dans certains cas, les parents négligent leurs enfants depuis leur jeune âge. Les parents ne devraient pas considérer les gains matériels comme LA priorité dans leur vie. Ils ont aussi une responsabilité envers leurs enfants », explique-t-il. Cela, concerne aussi une surveillance stricte lorsqu’on donne un téléphone portable à son enfant, poursuit-il

Imran Dhannoo observe que certains parents agissent comme des obstacles en hésitant d’emmener leurs enfants toxicomanes dans des centres de réadaptation. « Ils devraient agir de manière plus responsable et judicieuse et ne devraient pas trop se préoccuper de ce que les gens penseraient. Le bien-être de l’enfant a plus d’importance. Les parents ne sont pas préparés à faire face à de telles éventualités. Ils pensent que tout va bien et que leur enfant ne commet pas des bêtises. C’est une mauvaise posture, » déplore-t-il.

Pour le responsable du centre Idrice Goomany, il y a plusieurs facteurs qui rendent les jeunes vulnérables au fléau de la drogue. « D’abord, un jeune commence par expérimenter avec des produits licites comme la cigarette. Puis, il enchaîne avec les médicaments psychotropes comme le sirop contre la toux et graduellement il a recours aux drogues plus dangereuses comme l’héroïne et la synthétique. Certains jeunes deviennent toxicomanes purement par curiosité. Ils veulent avoir une expérience sexuelle, diminuer  leur anxiété ou encore s’amuser un peu. La pression des pairs est un autre facteur qui influence les adolescents  à essayer à toucher à la drogue. En réalité, le plaisir n’est que pour la première fois. Après, cela devient un poison pour son corps faisant de lui un robot dépendant des drogues », soutient-il.

Nizam Nasroolah, travailleur social : «Ne pas blâmer que les parents»

050717_nizamNizam Nasroullah nous dit que la toxicomanie a beaucoup diminué à Vallée-Pitot. Les parents ont une responsabilité envers leurs enfants, mais il ne faut pas les blâmer si leurs enfants deviennent accros à la drogue. « En réalité, c’est un triangle de responsabilités qui comprend parents, enseignants et travailleurs sociaux, » déclare-t-il.  Nizam Nasroullah soutient que les parents pourraient être le premier pilier sur le plan interne, mais la société où l’enfant passe beaucoup de temps, influence également son comportement. « Parfois, nous devons comprendre le sort des parents aussi. Nous ne pouvons pas les culpabiliser uniquement.  C’est facile de garder un enfant sous contrôle à l’école primaire. Mais, il est parfois très difficile de le contrôler quand il va au collège. Ce qui se passe à l’intérieur du collège n’est pas sous leur contrôle. C’est aux enseignants et au système scolaire de discipliner l’élève », dit-il encore.  Ce travailleur social invite chaque semaine des conférenciers à donner des informations aux parents, en particulier aux mères. Ces conférenciers donnent des idées pratiques aux parents sur la façon de tirer le meilleur parti de leurs enfants pour leur éviter les maux sociaux. « Ces types de  causeries devraient devenir une préoccupation nationale. Personne n’est à l’abri de ces maux sociaux, » souligne-t-il. Les parents sont parfois contraints de travailler jusqu’à tard pour fournir à la famille les besoins fondamentaux. « Si nous voulons faire quelque chose pour le bien-être de la société, nous devons privilégier la prévention à la guérison. En dirigeant les adolescents vers des activités sportives et d’autres activités intéressantes, nous essayons de faire d’eux des bons citoyens », estime-t-il.

Karunah Rajah, psychologue : «Nous devons accorder du temps à nos enfants»

050717_karunahLes enfants, y compris les adolescents au début et à la fin du stade de développement, sont plus susceptibles d’être influencés par de nombreux facteurs externes. Beaucoup de gens croient que les enfants qui restent seuls prennent des drogues. Ce n’est pas toujours vrai. Mais cela peut être vrai dans certaines situations. Tout d’abord, lorsque les enfants sont en contact avec des personnes qui prennent des drogues, ils sont plus susceptibles d’être influencés. Une simple tentative peut entraîner la destruction d’une vie entière. Will Durant a mentionné que « nous sommes ce que nous faisons à plusieurs reprises ». Un essai mènera à un autre et les 3R de la formation de l’habitude, c’est-à-dire la première étape – Rappel, qui parle du signal qui déclenche le comportement – entreprise, amitié, curiosité, personnalité, image, entre autres choses.  Ėtape 2 – Routine, c’est-à-dire l’action elle-même, c’est-à-dire le tabagisme, toute toxicomanie et la consommation d’alcool et l’étape 3 – Récompense, le bénéfice de faire ce qu’ils font, par exemple, l’amitié, le courage, la bravoure, la satisfaction, l’image de soi.

« Pour être dans le «gang», c’est pour l’amour des pairs, les jeunes ont tendance à faire ce qu’ils ne sont pas supposés faire. Et la meilleure partie, c’est qu’ils savent qu’ils ne sont pas censés faire ce qu’ils font. Mais pourquoi le font-ils? Ils font toujours ce qu’ils ne sont pas censés faire. Chaque enfant veut se sentir accepté dans la société. Au cours de l’adolescence, ils aiment ressentir ce sentiment d’appartenance à une société composée de personnes de leur groupe d’âge. Cependant, comme toujours, nous continuons d’apprendre à travers l’expérience dans la vie, à  qui faire confiance, qui est digne d’être appelé un ami. Les parents préfèrent aujourd’hui libérer leurs enfants. Ce qui, selon eux, comprend moins de communication, de sorte que les enfants ne sentent pas que les parents sont des intrus dans leur vie. Par conséquent, les parents essaient d’éviter les conversations afin de ne pas déranger les enfants. Alors que la pression des pairs peut conduire l’enfant à prouver aux amis qu’il est courageux et digne de faire partie du clan », dit-elle.

Dans ce sens, la pression des pairs est plus susceptible d’influencer les jeunes d’autant qu’ils passent la plupart de leur temps avec des amis.

« Nous vivons dans un monde pressé. Nous devons « créer » du temps. Une gestion adéquate du temps et un équilibre entre vie professionnelle et vie privée mèneront à une vie harmonieuse pour tous, » observe  Karuna Rajah. Les parents doivent  trouver du temps pour leurs enfants, pour le  dîner ou le petit déjeuner. C’est le bon moment où les parents peuvent observer les enfants. Leurs expressions faciales, leurs humeurs, leurs attitudes à table, révéleront beaucoup sur ce qu’ils traversent. Les parents peuvent poser des questions pour ne pas les déranger, mais essayer de les mettre à l’aise. Les parents ont déjà traversé une phase d’adolescence. Ils ont assez d’expérience pour comprendre que quelque chose ne va pas avec leur enfant. Les parents devraient être les meilleurs amis de leurs propres enfants. Les parents ne doivent pas être trop rigides ou des tyrans. Ils ne devraient pas être trop doux non plus. Mais, en restant des amis proches, les enfants seront très bien guidés par les parents. La théorie socioculturelle de Vygotsky en psychologie se concentre principalement sur les contributions que la société apporte au développement individuel. Cette théorie souligne l’interaction entre les personnes en développement et la culture dans laquelle elles vivent. Par conséquent, les parents qui font partie de l’environnement immédiat de l’enfant doivent pouvoir l’aider à apprendre ce qui leur convient le mieux.

Shezad, 29 ans, ex-toxicomane : «Je ne blâme pas mes parents»

«  Comme un ex-toxicomane, j’ai fait un constat personnel. C’est le mauvais choix dans la vie qui nous rend misérables, » déclare Shezad, habitant de Terre-Rouge. Il nous raconte qu’il est devenu toxicomane, car il s’est laissé influencer par des mauvaises fréquentations et ce malgré les avertissements continuels de ses parents. Il  accepte le blâme pour  s’être laissé tomber dans ce fléau.

L’école BCC dit NON à la drogue

La drogue est un vrai phénomène de  société. N’importe qui peut tomber dans le piège de ce fléau. Nous avons la responsabilité de sensibiliser nos enfants à ce problème afin qu’ils puissent se protéger contre les méfaits de la drogue. Dans ce contexte, mercredi dernier, les étudiants de l’école BCC ont été sensibilisés aux problèmes  ayant trait à la drogue.  Ils ont même participé à des activités sociales en sensibilisant les gens aux problèmes de la drogue dans la région de Pailles. Ils ont distribué des autocollants pour encourager les gens à se prononcer contre les drogues. La direction de la BCC remercie la police de Pailles pour sa coopération de meme que  M. Aullyar. Leur souhait :  faire de Maurice un pays sans drogue.

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