jeudi , 22 août 2019
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Abeenaaz Janally
Peich-o-Kham a été lancé par Islam Bhugan

Abeenaaz Janally, auteure de Peich-o-kham : première Mauricienne à publier un livre en ourdou

Promouvoir la langue ourdoue à Maurice et conscientiser les gens quant aux fléaux sociaux auxquels font face les femmes. Tel a été le but derrière l’écriture de Peich-o-Kham, un recueil de quinze nouvelles, signé Abeenaaz Janally, une passionnée de la langue d’Iqbal.

C’est une grande première à Maurice. Abeenaaz Janally, 34 ans, est devenue la première écrivaine mauricienne à publier un livre en ourdou. Intitulé Peich-o-Kham, ce recueil en quinze nouvelles d’une soixantaine de pages met en avant la femme et les défis – tels que la drogue, la violence, le divorce, entre autres – auxquels elles font face dans leur vie quotidienne. Peich-o-Kham a été lancé, le lundi 28 janvier 2019 à Voilà Bagatelle, lors d’une cérémonie organisée par le President’s Fund for Creative Writing (PFCW) sous l’égide du ministère des Arts et de la Culture. Islam Bhugan, Chairperson du PFCW, a lors de son discours, mis l’accent sur l’importance d’encourager mais aussi de venir en aide aux écrivains mauriciens promouvant l’écriture créative. « Il est également essentiel de lire car cela nous permet de prendre conscience de ce qui se passe dans tous les sphères de la société », a-t-il déclaré.

Parlant de la publication de son recueil, Abeenaaz Janally se dit extrêmement fière et comblée de pouvoir apporter sa contribution à la promotion de la langue ourdoue à Maurice. « L’écriture de Peich-o-Kham a débuté lorsque j’étais à ma troisième année de mes études tertiaires en Inde. J’avais à l’époque écrit trois nouvelles et elles avaient été publiées dans des journaux indiens. À Maurice, quelques-unes d’entre elles ont paru dans le magazine de l’Urdu Speaking Union. Depuis, j’ai continué à écrire et c’est ainsi que j’ai pu finaliser les quinze nouvelles de Peich-o-Kham », nous dit l’écrivaine. Abeenaaz Janally ajoute que l’ourdou est langue qui est très chère à de nombreux Mauriciens. « L’ourdou fait partie de notre héritage culturel car c’est une des langues de nos ancêtres. Il est vrai que je suis désormais la première Mauricienne à publier un livre en ourdou mais le but derrière cet ouvrage c’est de promouvoir cette belle langue et de sensibiliser les gens sur défis auxquels font face les femmes », fait-elle ressortir.

Valoriser les personnages féminins

À travers son livre, Abeenaaz Janally souhaite aussi mettre en avant les personnages féminins dans la littérature ourdoue. Selon elle, bien souvent, les personnages féminins sont dépeints comme étant vulnérables et n’ont qu’un rôle secondaire dans les récits. « Dans l’écriture de mes nouvelles, j’ai voulu démontrer que la femme pouvait être forte et tenir sur ses jambes. À Maurice, nous voyons comment la femme est victime des fléaux tels que la violence domestique ou subir les conséquences des actes d’un époux accoutumé à la drogue ou à l’alcool. Bien que les nouvelles abordent cet aspect sombre de la société, elles terminent toutes sur une note positive pour donner du courage et de l’espoir à ces nombreuses femmes qui souffrent en silence », avance notre interlocutrice. La jeune femme, qui se décrit comme une introvertie, raconte qu’elle a pu écrire Peich-o-Kham en se renfermant sur elle-même et en se mettant dans la peau des personnages.

Après la publication de son premier livre, Abeenaaz Janally ne compte pas dormir sur ses lauriers. En effet, elle s’attelle déjà à préparer un deuxième ouvrage sous forme d’une compilation des articles écrits au cours de ces dernières années. En ce qui concerne son parcours, Abeenaaz Janally est enseignante d’ourdou à la Mahatma Gandhi Secondary School (MGSS) de Flacq. Depuis toute petite, elle était animée par une passion dévorante pour la langue d’Iqbal. Après de brillants résultats aux examens du Higher School Certificate (HSC) qui lui ont d’ailleurs valu une bourse, elle met le cap sur la Grande péninsule pour aller étudier l’ourdou à l’université de New Delhi. En 2006, elle avait organisé deux programmes télévisés en ourdou pour Doordarshan et elle a eu la chance de lire deux de ses nouvelles sur les ondes de la radio ALL INDIA, à Delhi. Plusieurs de ses articles et rapports ont été publiés dans des journaux et des portails en ligne à travers le monde.

Vulgariser la langue ourdoue sur les réseaux sociaux

Abeenaaz Janally transmet sa passion pour la langue ourdoue à des internautes à travers les réseaux sociaux. Ainsi, depuis l’année dernière, sa chaîne YouTube attire des milliers d’utilisateurs venus voir des vidéos en ourdou dont elle est la présentatrice. Abeenaaz aborde différents thèmes d’actualité et vise une audience composée du grand public, d’étudiants et d’amoureux d’ourdou tant à Maurice qu’à l’étranger. Selon elle, les vidéos aident les gens à mieux comprendre cette langue. « Mon but, c’est de rendre l’ourdou accessible à tous et de créer un intérêt pour cette langue. Quand j’ai commencé à publier des vidéos de mes nouvelles sur ma page Facebook, certains de mes amis ont voulu savoir ce que j’avais écrit car n’étant pas familiers avec la langue. J’ai ainsi créé ma chaîne YouTube pour lire et expliquer mes nouvelles en ourdou aux internautes », dit-elle. Ses vidéos reçoivent en moyenne 2000 vues chacune et touchent des Mauriciens aussi bien que des internautes étrangers. À travers elles, elle se pose en exemple pour encourager les autres à écrire et à exploiter cette si belle langue.

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