dimanche , 25 août 2019
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Abdoullah Irfaan Ibn Rosson

Abdoullah Irfaan Ibn Rosson, diplômé en ‘Special Education Needs’ du Koweït : «On doit accorder plus de facilités pour l’éducation des enfants handicapés»

Abdoullah Irfaan Ibn Rosson, 25 ans, vient d’obtenir son diplôme du Koweït dans la filière langue arabe et ‘Special Education Needs’ avec mention très bien. STAR l’a rencontré à son domicile pour parler de son expérience dans le ‘Special Education Needs’ à Maurice et comment les améliorer afin d’en faire bénéficier tous les enfants en situation de handicap.

Abdoullah Irfaan Ibn Rosson croit fermement qu’aucun enfant ne doit être considéré comme étant un échec. De retour à Maurice avec son diplôme en poche, sa mission est désormais d’aider les enfants à maîtriser la langue arabe et d’améliorer la vie des enfants autrement capables qui ont besoin d’une éducation spécialisée. Avant de terminer ses études, lors de ses vacances à Maurice en 2017, il a eu une première expérience avec ces enfants en visitant plusieurs institutions comme le Dar-ul-Ma’arif et  le Sir Seewoosagur Ramgoolam Disability Services Centre de Triolet, où il a eu l’occasion de travailler avec des enfants ayant des difficultés d’apprentissage.

« La ‘Special Needs Education’ est une éducation pour les étudiants avec des handicaps, tenant compte de leurs besoins éducatifs individuels, qui vise le plein développement de leurs capacités, leur indépendance et leur participation sociale », nous explique Abdoullah Irfaan Ibn Rosson. Il souligne que les handicaps qui sont couverts par ce programme sont : « les troubles de la parole,  l’autisme, les troubles émotionnels, la basse vision, malentendants, troubles d’apprentissage, troubles déficitaire de l’attention, hyperactivité (TDAH) et des retards de développement dans les domaines du développement physique, cognitif, de la communication, social, émotionnel ou adaptatif. »

Un enseignant d’éducation spéciale

Pour Abdoullah Irfaan Ibn Rosson, les enfants ayant des besoins spéciaux ont besoin d’une instruction unique dispensée par des professionnels spécialement formés pour les aider à réaliser leur plein potentiel et à dépasser leurs limites. À son avis, les enseignants de l’éducation spécialisée sont plus patients et consacrent leur temps à donner à chaque élève les outils spécifiques et les conseils nécessaires pour les aider à maximiser leur apprentissage.

Notre interlocuteur a constaté qu’il manque beaucoup de facilités éducatives pour les slow learners à Maurice. Dans toutes les écoles de Maurice, souligne-t-il, il y a de nombreux élèves qui ont besoin d’une attention particulière mais qui sont laissés à eux-mêmes. Le système éducatif mauricien, fondé sur la réussite aux examens, est un système ancré dans une culture de compétition qui, en fin de compte, renforce ce que l’on appelle plus communément le « survival of the fittest ». Il s’interroge : « Que va-t-il se passer à ceux qui n’ont pu rattraper leur retard ? »

Pour aider les enfants avec des problèmes, il est également important d’éduquer leurs parents pour qu’ils comprennent mieux les problèmes de leurs enfants, accepter la réalité et contribuer à les aider de différents façons. « Les élèves ayant des besoins spéciaux doivent apprendre selon un programme spécial, tout en étant entourés d’un nombre important d’enseignants et de divers équipements qui répondent à leurs besoins. Par ailleurs, les besoins spéciaux doivent être fournis dans les écoles ordinaires », conseille le jeune diplômé. Les classes spéciales pour les enfants présentant une déficience relative légère (slow learners) peuvent être créées dans les écoles primaires et dans les collèges. Le ministère de l’Éducation, avance-t-il, doit donner plus de facilités pour l’éducation de ces enfants, et il faut avoir plus d’enseignants qualifiés pour travailler avec les enfants. « Mais pour arriver à tout cela, nous devons, en premier, dispenser davantage de cours à l’université de Maurice dans ces filières pour, par la suite, avoir plus d’enseignants spécialisés », dit-il.

L’Islam enseigne la tolérance envers les invalides

« En Islam, les handicaps physiques et mentaux ne constituent pas un motif suffisant d’humiliation ni même de raillerie. L’invalidité est une chose involontaire et indépendante de la volonté de l’homme. L’homme ne peut être humilié que pour ce qu’il fait de son plein gré », plaide Abdoullah Irfaan Ibn Rosson. Il précise que le handicap est une épreuve plutôt qu’une punition ou une vengeance. Une personne ayant des besoins spéciaux ne devrait pas voir son handicap aggravé par des insultes ou remarques désobligeantes provenant d’autres êtres humains qui s’estiment plus sains et plus chanceux.

« L’islam prêche la justice pour les personnes ayant des besoins spéciaux comme s’il s’agissait de personnes en bonne santé, mais il leur recommande également un traitement spécial en raison de leurs besoins particuliers. L’Islam est si juste qu’il justifie l’égalité des chances pour les personnes ayant des besoins spéciaux pour qu’ils aient des chances égales », nous dit Abdoullah Irfaan Ibn Rosson. Pour lui, il va sans dire que l’approche islamique adoptée pour traiter les personnes ayant des besoins spéciaux est unique et sans précédent.

Mieux connaître Abdoullah Irfaan Ibn Rosson

Abdoullah Irfaan Ibn Rosson, un habitant de Vale, a quitté le pays pour le Koweït en 2007. C’est Yousouf Joomun de la CDI qui avait proposé sa candidature pour une bourse d’études au Koweït. Il a passé 7 ans à étudier la langue arabe et d’autres matières islamiques et académiques comme l’anglais, l’informatique, social studies à l’Institut Islamique de Qurtuba. En 2014, il entre à l’université pour ses études supérieures au ‘The Public Authority for Applied Education and Training (PAAET)’ pour l’obtention d’un Bachelor of Education (B.Ed) en se spécialisant dans la langue arabe et l’éducation spécialisée pour les surdoués et les enfants à problèmes. Pendant ses 12 années d’études, Abdoullah Irfaan Ibn Rosson a eu l’occasion de venir passer des vacances à Maurice chaque année. Pendant ses vacances, il aidait son père dans son travail d’élevage et donnait également un coup de main à l’Association Al-Abraar dans l’enseignement de la langue arabe et le Hifz-ul-Qur’an.

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