vendredi , 26 mai 2017
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Abdool Rahim Durbauree – Commandant dans l’armée britannique

Abdool Rahim Durbauree, aussi connu comme Abby Durbaree, a été com­mandant dans l’armée de Sa Majesté. Ce militaire de haut rang garde les pieds sur terre et n’a pas oublié ses origines modestes quoiqu’il ait fait partie de l’une des armées les plus puissantes au monde.En visite dans son pays natal, Abdool Rahim Durbauree arpente les rues de Plaine Verte en bermuda et t-shirt à la recherche d’amis qu’il n’a pas rencontrés depuis bien longtemps.

Né à la rue Serang à Plaine Verte, le Commandant Durbauree est le fils d’Ajum Durbauree, un employé du grenier. Issu d’une fratrie de 9 enfants, il se remémore les moments difficiles de son enfance quand on père devait bosser très dur pour payer les frais de scolarité de ses enfants. Le Commandant Durbauree garde en mémoire les bons souvenirs de son enfance à l’école primaire de Taher Bagh et ensuite de son passage à l’école Trinity de Claude Obeegadoo. Il a été membre des Muslim Scouts de Plaine Verte et portait l’uniforme kaki avec fierté. Il fréquenta ensuite le collège London connu pour la discipline de fer de Harold Chan Lam.

En 1968, après les bagarres raciales, qui est un mauvais souvenir pour un jeune de son âge, il part étudier la criminologie en Belgique pour une année et ne rentre à Maurice qu’après ses études. Il débarque ensuite à Londres pour s’enrôler dans l’armée. Malgré la neige, le froid et les exercices difficiles, il ne baisse pas les bras durant des entraînements très durs pendant deux ans de stage. Ses parents lui manquaient et la nourriture dans l’armée le rendait malade. Après 2 ans , il commence à trouver ses repères et grâce à son sérieux, il tape dans l’oeil de ses supérieurs. Il suit des cours d’espagnol et d’allemand qui lui seront très bénéfiques par la suite.

La vie mouvementée d’un militaire

Notre compatriote est posté à la sécurité dans une unité paramédicale. Il commence à voyager et est dépêché en Norvège, en Grèce, en Turquie et en Amérique centrale entre autres pour prêter main forte à l’armée britannique sur le terrain avec son équipe paramédicale. Abdool Rahim passe un test de sélection et est nommé caporal avec comme responsabilité une unité de 8 personnes. Il retournera ensuite en Angleterre pour continuer l’entraînement militaire. Promu sergent, il a passé ensuite 7 ans en Allemagne et était responsable des militaires qui faisaient partie des unités en poste aux Malouines. Abdool Rahim avait un avantage sur les autres car il parlait et écrivait l’espagnol. Il était responsable d’une équipe paramilitaire de 120 hommes. Il est retourné en Angleterre pour entraîner une équipe de réservistes à Leicester. De retour en Allemagne comme sergent major, notre compatriote est responsable de l’entraînement de 200 personnes.

« Mon éducation de base à Maurice m’a procuré un avantage certain sur mes pairs », dit-il. En 1984 il est promu lieutenant et de 1985 à 1987 il est responsable de l’entraînement de “Junior leaders” de l’armée britannique. La formation comprenait l’entraînement au maniement des armes, des exercices de survie, des cours de leadership et l’observation d’une discipline de fer. Notre compatriote continue à gravir les échelons pour se retrouver adjudant-chef d’une unité médicale dans le sud de l’Angleterre.

En 1989, Abdool Rahim est promu major dans l’armée britannique, une nomination qui lui a valu les félicitations de ses supérieurs. Il avait sous sa responsabilité 200 hommes qu’il devait entrainer pour une opération. En 1995, Abdool Rahim entre à l’université pour décrocher son MSC en “Operational management ”.

Il est sélecté pour faire partie d’une équipe pour former des hommes et des femmes dans l’armée de terre, l’armée de l’air et une équipe du Corps des Marines. Devenu « chief of staff », Abdool Rahim avait sous sa responsabilité 5000 hommes et femmes. Il se fait remarquer par ses qualités de meneur d’hommes et sa rigoureuse discipline. Son atout principal était son bilinguisme qui lui conférait un net avantage sur les autres. En 1999, il est promu commandant dans l’armée de terre. Abdool Rahim devait assurer la formation d’une équipe de 600 hommes et femmes prête à partir en guerre dans les 48 heures. Il avait toute une unité paramédicale et 200 lits prêts pour être embarqués. Commandant pendant 3 ans, il se rendait dans toutes les zones de tension et de violence dans le monde : au Koweït, en Sierra Leone, au Timor oriental, au Kosovo, en Macédoine et en Irak.

Abdool Rahim n’a pas le droit de dévoiler ce qu’il a vu dans ces pays. Cependant, quand il faisait partie de la force de paix des Nations Unies et avait été déployé au Kosovo et en Bosnie pour faire fonctionner un hôpital complet, il a fait face aux horreurs de la guerre.

« J’ai vu beaucoup de cadavres »

« En Bosnie, j’ai vu des choses horribles. J’ai vu beaucoup de larmes, beaucoup de destruction, beaucoup de souffrance, beaucoup de civils mourir devant moi et on jetait leurs cadavres dans une fosse commune», se rappelle-t-il. Abdool Rahim agissait comme commandant de l’armée britannique au Kosovo. Il avait sous sa responsabilité des soldats norvégiens, finlandais, suédois et d’autres troupes paramilitaires. « C’est là-bas que j’ai ressenti une grande fierté. J’étais un enfant de Plaine Verte et je représentais le gouvernement britannique », laisse-t-il entendre. Notre compatriote a obtenu plusieurs médailles militaires et a reçu les félicitations du prince Charles et de la princesse Anne pour la facilité avec laquelle il travaillait avec les casques bleus de 30 pays membres de l’Onu. Son succès, dit-il, il le doit à son Créateur et au soutien de son épouse, Susie, qui travaillait elle aussi sous ses ordres dans l’armée. Après sa retraite il a été posté au quartier-général de l’académie militaire de Sandhurst responsable des associations caritatives, des héritages et des traditions pour le personnel médical et vétérinaire.

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A propos de Rahim Murtuza

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