lundi , 25 septembre 2017
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Abdool Farade Nunnoo, président du MCPL: « Je compte maintenir mon combat contre le CEB »

Abdool Farade Nunnoo, âgé de 55 ans, est importateur de pièces de rechange pour voitures. Ce travailleur social depuis 2007, s’est livré à un com­bat inlassable contre le CEB, en raison de la pollution émanant de la centrale électrique de St-Louis. Rencontre…Naissance du Mouvement Civique de Plaine Lauzun

C’est en 2007 que le Mouvement Civique de Plaine Lauzun (MCPL) a vu le jour, à l’initiative de Farade Nunnoo. « J’avais établi mon commerce dans la région. Finalement, en 2007 ma famille et moi, nous sommes venus nous y établir. J’ai continué à faire du travail social et beaucoup de gens sont venus me voir avec leurs doléances. C’est à ce moment là que j’ai décidé de fonder une organisation pour venir en aide aux habitants de l’endroit. C’est ainsi que le Mouvement Civique de Plaine Lauzun a vu le jour », relate Farade.

L’organisation a connu la notoriété grâce à sa lutte contre la pollution sonore et environnementale de la centrale électrique à St-Louis. Chaque année, le président, ses membres et des habitants de l’endroit organisent des marches pacifiques pour protester contre la pollution qui émane de la centrale de St-Louis.

La lutte inlassable de Farade

Farade explique qu’à la création de la centrale en 1955, le CEB utilisait des moteurs « mirelese » de 1,5 mégawatt et qui fonctionnait avec du diésel léger. En 1962, d’autres moteurs sont ajoutés, atteignant le total de huit à 12 mégawatts. En 1978, le CEB ajoute six moteurs « pielstick » qui fonctionne avec du fioul lourd. « Ces moteurs émettent beaucoup de bruit et de vibrations. Ils causaient la pollution sonore. Cela faisait du tort aux habitants qui ont commencé à protester. Ils ont en vain tenté de faire entendre leur voix », explique Farade.

En 2004, le CEB annonce qu’il compte remplacer les anciens moteurs par des nouveaux. Le ministère de l’Environnement ordonne au CEB d’utiliser des moteurs qui respectent les normes environnementales. Or, en 2006 au lieu de remplacer les anciens moteurs, le CEB rajoute trois moteurs « wartsila » d’une puissance de 40 mégawatts. « À ce jour, le CEB n’a enlevé que deux moteurs pielstick. Les quatre autres fonctionnent toujours. Pourtant, selon l’Integrated Electricity Plan 2003-2012, le CEB aurait dû enlever un moteur chaque année. Cela dit jusqu’en 2013, tous les six moteurs « pielstick » auraient déjà dû être enlevés », affirme notre interlocuteur.

En 2013, le CEB a obtenu un permis pour mettre en place quatre moteurs d’une puissance de 15 mégawatts chacun, qui sont semblables aux moteurs « wartsila ». « Ils fonctionnent à base de fioul lourd. Maintenant, quatre autres moteurs seront placés à la station de St-Louis pour 2017. C’est un crime environnemental », déplore Farade. Il avance qu’il mène une lutte contre la pollution sonore et environnementale émise par la centrale de St-Louis depuis 2007. « Le 17 mai cette année, le CEB a publié une annonce comme quoi il construira une Power Station House à St-Louis. 2 300 habitants ont signé une pétition pour objecter à cette construction. Nous avons demandé au City Council de ne pas lui accorder le Building and Land Use Permit », indique notre interlocuteur.

Farade ajoute qu’en juin 2016, le MCPL a formulé une demande en Cour Suprême pour émettre un « stop order » contre le projet du CEB ainsi que toutes les autres constructions illégales. Le 15 février, un procès contre l’installation des quatre moteurs en 2017 aura lieu. « Je crains pour les habitants de Plaine Lauzun et des endroits avoisinants, à savoir Port-Louis, Cassis, entre autres. Certaines familles habitent à proximité de la centrale. Leur santé est en danger et il faut qu’on fasse entendre notre voix », dit-il.

Farade souligne qu’il ne compte pas baisser les bras tant qu’une solution ne soit pas trouvée. Il dit vouloir rendre justice aux habitants qui sont quotidiennement affectés par la pollution sonore et surtout les vibrations émanant des moteurs. Par ailleurs, il précise que le fioul lourd est un danger pour la santé des enfants comme pour les adultes.

Profil

Farade est issu de Surinam. Il a fréquenté l’école primaire, puis le collège de l’endroit. Après le SC, il abandonne les études pour rejoindre l’École Hôtelière. Cependant, il change d’avis après sa formation. Au lieu d’entamer une carrière dans le secteur hôtelier, il décide de prendre de l’emploi dans le secteur du transport. Par la suite, il se lance dans le commerce et devient fournisseur d’équipements aux compagnies de nettoyage. Depuis 2007, il est importateur de pièces de rechange pour voitures. Son commerce est basé non seulement à Maurice mais aussi à Singapour et au Japon. Depuis l’âge de 21 ans, Farade s’est consacré au travail social. En 1983, il s’est intéressé également à la politique. « Le travail social et la politique m’ont toujours intéressé. D’ailleurs, je me suis présenté comme candidat aux élections villageoises et j’ai occupé le poste de conseiller pendant huit années consécutives, de 1999 à 2007, à Surinam. De plus, j’étais le secrétaire de la branche MMM à Surinam », dit-il.

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