vendredi , 18 août 2017
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Abdool Cassum Allymamod : De multiples talents

Abdool Cassum Allymamod, 70 ans, est un homme pas comme les autres. Pendant sa jeunesse, il a été forcé de pratiquer plusieurs métiers pour nourrir sa famille. Il a été laboureur, coiffeur, enseignant, entre autres. Rencontre …Abdool Cassum est né à Triolet. A l’âge de huit ans, sa famille est venue s’installer à Riche-Terre. Il a étudié jusqu’à la sixième. « À cette époque, on offrait dix bourses. Malheureusement, j’ai été classé onzième. Faute de moyens financiers, j’ai été obligé d’abandonner les études », relate le vieil homme.

Coiffeur à 12 ans

Abdool Cassum devient alors apprenti-coiffeur. « J’avais alors 12 ans. J’ai appris le métier d’un certain Ramduth qui était un coiffeur très connu à Sainte-Croix. D’ailleurs, j’ai tout le temps affirmé et je le dis toujours. C’est grâce à lui que j’ai connu le succès dans ma vie. Je lui serai reconnaissant jusqu’à ma mort », affirme cet habitant de Terre-Rouge.

Nous sommes en 1963. Abdool Cassum a alors 17 ans et se sent prêt à se lancer à son propre compte. Il ouvre un salon de coiffure et pratique passionnément son métier. Cependant, suite aux bagarres raciales de 1968, Abdool Cassum perd tout, notamment sa maison, son terrain, son salon. Il est forcé de quitter l’endroit. « J’ai dû tout abandonner pour retourner vivre à Triolet. Quand j’ai atteint l’âge de 19 ans, j’ai décidé de reprendre ma vie en main », dit-il.

Etudiant à 19 ans

Ne pouvant plus pratiquer le métier de coiffeur, Abdool Cassum décide de renouer avec les études à 19 ans, soit après les bagarres raciales. « Avec l’argent que j’ai économisé quand j’exerçais comme coiffeur, je me suis acheté des livres. Je n’avais ni enseignant ni superviseur. J’ai étudié par moi-même pendant la nuit. J’ai ensuite pris part à des examens et j’ai obtenu mes qualifications academiques. Ensuite, j’ai fait la connaissance d’un ustaad (enseignant), en l’occurrence Abu Swaley Salauroo, qui m’a dispensé des leçons de ‘ibtedai’ et ‘adeeb’. Quand il est parti j’ai continué les études par moi-même », raconte notre interlocuteur.

Une carrière d’enseignant

En 1972, Abdool Cassum est employé comme « Trainee teacher » de langue ourdou. Un an après, il est employé comme enseignant du primaire sur une base permanente. Il se souvient avoir débuté sa carrière à l’école primaire de Grande-Rivière. Entre-temps, il a appris la langue hindi également. « J’ai pris part aux examens de langue hindi et j’ai réussi. J’ai mon certificat qui le prouve », dit-il avec un brin de fierté.

Ecrivain

En 1974, il dévoile ses talents d’écrivain. « Je consacrais mes heures perdues à la lecture et à l’écriture. En 1974, j’ai écrit ma première pièce de théâtre en ourdou, dont le titre était ‘Insaaf aur Adaalat’. J’ai aussi été le principal protagoniste, le réalisateur et le producteur de la pièce », précise le vieil homme.

Abdool Cassum soutient qu’il a développé une passion pour la langue ourdou grâce à sa mère. « Ma mère parlait la langue bhojpuri. Elle utilisait aussi quelques mots en ourdou. J’aimais l’entendre parler cette langue. C’est en grandissant que j’ai compris que la langue ourdou me fascine », avance Abdool Cassum.

Passionné de la poésie

Ecrivain, Abdool Cassum passe ses nuits à écrire des pièces des théâtre, des petites histoires ou des poèmes. « J’ai écrit une petite histoire, intitulée « La Fontaine », que je compte publier plus tard. Cette petite histoire est basée sur de bons souvenirs de mon enfance. Quand j’allais chercher de l’eau en compagnie de ma mère à la fontaine », dit-il encore. Actuellement, Abdool Cassum travaille sur son autobiographie. « Depuis que je suis jeune, je ne dors que quatre heures par jour. Je suis toujours en train de faire quelque chose. Le soir, je passe le plus clair de mon temps à lire et à écrire », nous confie ce père de cinq fils.

Un arbitre connu

Depuis qu’il est tout petit, Abdool Cassum pratiquait le sport. Quand il est devenu coiffeur, il s’est joint à des clubs de jeunesse. Par la suite, il a joué au sein de l’équipe Muslim League et Avengers. Au fil des années, quand il a pris sa retraite, il est devenu arbitre à la Mauritius Football Association (MFA). En 2015, il a revécu sa passion pour le foot en agissant comme arbitre pour le match opposant les vétérans de Hindu Cadets et ceux de Terre-Rouge.

Aujourd’hui, âgé de 70 ans, Abdool Cassum pratique toujours le métier de coiffeur. Il gère un petit salon à proximité de son domicile à Bois-Pignolet, Terre-Rouge.

Laboureur à temps partiel

Abdool Cassum a aussi exercé comme laboureur. « Je devais construire une maison en béton pour mes enfants. Donc, j’acceptais tous les travaux qui m’étaient offerts. Nous habitions une maison en tôle. Quand mon fils est tombé malade, je n’ai eu d’autre choix que de construire une maison en béton. Il me fallait de l’argent pour y parvenir. C’est ainsi que je suis devenu laboureur à temps partiel », dit-il. Aujourd’hui, Abdool Cassum vit pleinement toutes ses passions. Il exerce toujours comme coiffeur, laboureur, écri¬vain, poète, enseignant. Cependant, il pratique ces métiers sur une base humanitaire.

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A propos de Nasreen Mungroo-Keramuth

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