mardi , 21 mai 2019
Accueil / Actualités / À quatre-bornes, samedi matin : Farouk Chaumun égorgé en allant acheter du pain
Farouk Chaumun

À quatre-bornes, samedi matin : Farouk Chaumun égorgé en allant acheter du pain

Tôt le matin en ce samedi 3 novembre, le corps de Farouk Chaumun, un chauffeur de taxi de 66 ans habitant d’Ollier, Quatre-Bornes, a été retrouvé gisant dans une mare de sang,  sur un terrain abandonné à quelques mètres de sa maison. C’est son fils Ryad qui a fait la macabre découverte. La victime portait une grave entaille au cou et semblait avoir été froidement égorgé.

Les membres du SOCO et de la CID de Quatre-Bornes qui ont pris cette affaire en main n’écartent pas hypothèse qu’il s’agit d’un vol qui aura mal tourné. Car selon nos recoupements d’informations,  la victime aurait surpris quelqu’un en train de cueillir des jacques et aurait tenté de s’interposer. Les images d’une caméra de vidéosurveillance qui donne sur l’impasse où s’est joué le drame ont déjà été visionnées par les éléments de la CID de Quatre-Bornes. Il nous revient que  La police est déjà sur une bonne piste et que l’arrestation du suspect serait imminente.

Le meurtre de la victime, connue aussi comme Bhai Farouk, a jeté l’émoi parmi les habitants de la localité. Car Bhai Farouk était considéré comme un homme pieux et sans histoire qui jouissait du respect de tout un chacun. « C’était quelqu’un qui était très gentil avec toujours un sourire aux lèvres.  Il avait une bonne façon de parler avec tout le monde. On n’arrive pas à croire qu’on a ôté la vie d’un homme qui ne ferait pas de mal à une mouche », lance un voisin sur le lieu du crime.

Un fils inconsolable

Issu d’une famille de 9 enfants, Bhai Farouk est le deuxième de la famille. Marié et père d’un fils et d’une fille. il était aussi grand-père de 5 petits-enfants. Depuis sa jeunesse jusqu’à sa mort, il a continué à exercer le métier de chauffeur de taxi et sa base d’opération était la place Margéot à Rose-Hill. Depuis son 60e anniversaire, il ne travaillait plus comme auparavant et chaque jour il avait pour habitude d’aller déposer ses petits- enfants à l’école et de les récupérer dans l’après-midi. Il partait travailler à 10h00 pour retourner à la maison à midi. Puis il repartait vers 14h00 pour rentrer chez lui au plus tard vers 17h30 avant de partir pour la prière. Il a eu l’occasion d’accomplir le Hadj il y a une dizaine d’années.

Ryad, 35 ans, le fils de la victime, a été  la première personne à se présenter sur le lieu du crime. Il est inconsolable. Revenant sur ce samedi fatidique, il nous indique que son père est parti à la mosquée très tôt le matin pour ensuite revenir avec du pain comme à l’accoutumée. Il nous explique que son père ne ratait jamais aucune des cinq prières quotidiennes. Ryad habite à l’étage de la maison paternelle et vient récupérer le pain le matin avant de prendre le thé chaque samedi matin en compagnie de ses parents.  Quand il est descendu, sa mère, Salma, l’a informé que son père était parti acheter du pain après son retour de la mosquée le matin. « Mo fine pensé ki mo papa fine ale fer ene course parski mo mama dire moi li pas là. Mais kan mo call lors so portab, mo tanne li pe sonne lors frigidaire. Mo fine sorti pour alle kot mo chacha et demande li si mo papa fine vine kot li. Li dire moi non. Mo alle kot ene l’autre chacha mo demande li, li aussi dire non. Et so loto aussi ti la même », raconte Ryad.

La gorge tranchée

Intrigué par l’absence prolongée de son père, Ryad a décidé d’en avoir le cœur net et s’est rendu à la boutique où son père avait l’habitude d’acheter du pain. à peine avait-il fait quelques mètres qu’il a découvert le pied de son père devant une voiture de couleur noire appartenant à un voisin. « Mo fine pensé mo papa fine tombé parski li ena hypertension et li fine gagne ene malaise. Mo crié mo chacha Azam et mo fer le tour l’auto là et mo trouve di sang. Mo dire fer appel ene l’ambulance mo papa fine blessé. Mais kan mo fine vire li, mo trouve ene kitte chose ki jamais mo pas pu capave blier. Zot fine tranche la gorge mo papa, ki genre dimoune ena lors sa la terre là ? Eski so place bizin lors la terre sa ? Ceki mo fine traverse mo pas souhaité personne passe ladans et mo tout seul kone mo douleur. Mo demande bondié prend mo la vie en échange pou mo papa.  Depi zordi jamais li tape moi ene calotte ni élève la voix avec moi », dit Riad en s’effondrant en larmes.

Pour les proches de Bhai Farouk,  il faut revoir la loi et appliquer la peine de mort. Selon Ryad, des voleurs de fruits ont l’habitude de venir voler des mangues et des jacques et souvent  son père  les empêchait de voler. « Ou conné li ti ene ti peu amanie et dire li chaque fois laisse sa banne là mais li alle empêche zot kokin lors banne zarbre et li fer zot desane aller », laisse entendre Ryad. Il regrette amèrement que son père ne l’ait pas écouté malgré ses mises en garde.

Commentaires

A propos de Reshad Toorab

Ceci peut vous intéresser

hôpital Dr A. G. Jeetoo

Formation À l’hôpital Dr A. G. Jeetoo : 1500 patients se présentent chaque jour aux urgences

Le ministère de la Santé et de la Qualité de la vie, en collaboration avec  …