lundi , 23 octobre 2017
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À l’île de la Réunion et à Maurice : Ibrahim Affejee pionnier dans l’organisation du hajj

Ibrahim Affejee, 86 ans, connu comme Bhai Chota Affejee, est une encyclopédie vivante dans l’histoire de l’organisation du hajj à l’île de La Réunion et à l’île Maurice. Pour Bhai Chota, depuis qu’il a commencé à organiser le hajj dans les  années 60 jusqu’aujourd’hui, le pèlerinage à La Mecque est demeuré une entreprise ardue.

Bhai Chota Affejee  est né à la rue La Corderie le 3 décembre 1931. Il a ensuite émigré et s’est installé à l’île de la Réunion. D’emblée, notre interlocuteur fait ressortir que l’organisation  « Affejee Group Hajj Réunion et Maurice » est à but non lucratif. Bhai Chota nous le confirme : «Depuis que j’organise le hajj, Allah m’est témoin, je ne fais aucun profit sur la tête des hajees. J’organise le package Umrah et Hajj ‘Fi Sabilillah’ », nous dit-il. Selon Bhai Chota, parfois beaucoup de personnes se demandent pourquoi le hajj organisé par le groupe Affejee coûte plus cher. Bhai Chota nous indique qu’il a toujours organisé le hajj en offrant des services de qualité : hôtel près du haram shareef, petit déjeuner à l’hôtel, déjeuner et dîner sans compter les ziyyarats accompagnés de moalims chevronnés dans des autobus climatisés. «Aucun accompagnateur ne touche un centime », fait ressortir notre interlocuteur.

Durant notre conversation, Bhai Chota Affejee ne tarit d’éloges pour Omar Ramtoolah qu’il qualifie de « génie » dans le domaine de l’aviation et de l’organisation du hajj. Il a aussi des mots élogieux pour Hassen Beebeejaun et Dawood Khodabaccus. « Ils ont beaucoup fait pour le transport des hajees. Même les Saoudiens les respectent. Ce sont des gens de grande qualité qui rendaient service sans rien attendre en retour. Si l’organisation du hajj s’est développé, c’est grâce à ce trio. Je dois aussi rendre hommage à M. Rivalland de Rogers aviation », ajoute-t-il.

Dans les années 1945, le hajj était plus qu’une expédition. Les Mauriciens fortunés voyageaient par bateau durant 3 mois. Il fallait emmener un cuisinier pour préparer le repas. Tout le monde dormait sur un matelas et à cette époque, il n’y avait pas de climatiseur. Pour rallier Madina de Makka il fallait le faire à dos de chameau. Bhai Chota se souvient du moalim qui travaillait avec Azize Khogeer. « Il est bien  connu en Arabie Saoudite. Il avait un bâtiment qui s’appelait Africa Building. En 1961, il avait demandé un emprunt de 100,000 francs d’un Réunionnais au nom de Ravate pour commencer son business », laisse-t-il entendre.

Bhai Chota raconte qu’après la guerre en 1945, ce sont les vieilles personnes qui accomplissaient le hajj. À cette époque il y’avait le moalim Hassen Fateh. En 1983 Bhai Chota fait la rencontre d’un dénommé Younous Lala qui organisait le hajj à bon marché. « 12 personnes dormaient dans une chambre sur des matelas en paille. Il faisait chaud et fallait mouiller les matelas pour dormir », se souvient-il. La même année, Chota Affejee rencontre M.Chatillan du ministère du Tourisme de la Réunion qui lui donne un billet pour l’Arabie Saoudite pour entamer des démarches. Il tombe sous le charme de l’hôtel Ahwaan building près du haram shareef. Bhai Chota se rappelle des conditions extrêmement difficiles sous les tentes à Mina. Mais personne ne bronchait car l’importance était d’accomplir le hajj.

L’agence Arab Vings

En 1985, il organise une première réunion à Sunnee Surtee pour expliquer l’importance d’une organisation du hajj et négocie avec l’agence Arab Vings pour organiser son premier hajj.

Bhai Chota Affejee se souvient des personnalités mauriciennes qui ont accompli le hajj avec son groupe :  Sir Hamid Moollan et sa famille, Dr Malleck, Yousuf Mohamed, Cassam Uteem (avant d’être Président), Mohamed Vayid.

Il revient dans le passé en 1965 où il y avait un avion charter affrété par Beekhun et Korrimboccus.

C’est à partir de 1992 que les Mauriciens et les Réunionais  accompliront le hajj ensemble avec les mêmes prestations. Bhai Chota se défend d’organiser le hajj à un prix élevé. «C’est une question de prestation et nous avons une réputation», souligne-t-il. Il n’a pas oublié le moalim Lockat qui était un homme de principe et savait comment parler aux hajees. Il les emmenaient visiter les sites historiques. Bhai Chota se souvient du premier groupe de 42 hajees sous sa responsabilité. Il indique qu’il a fondé une association à Maurice et son permis est en règle selon la loi. Mais depuis 2007 après un dernier umrah ramadan, à la suite des problèmes de santé, ce sont ses proches qui font le travail en suivant ses instructions. « Le principe de «Fi Sabillilah»n’a pas changé et nous ne réclamons rien pour nous», précise-t-il. Malgré son âge et sa santé précaire, Bhai Chota fait souvent le déplacement à Maurice pour venir s’occuper des affaires du hajj avec ses proches collaborateurs.

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