vendredi , 23 juin 2017
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À qui confier l’organisation du Hadj ?

Cette année, le Centre Culturel Islamique (ICC) a pris en charge l’organisation du hadj au détriment des organisateurs habituelles. Faut-il laisser cette tache à l’ICC ? Fareed Jaunboccus, membre du Board de l’ICC et Showkutally Soodhun y sont favorables. Le VPM privilégie aussi une collaboration entre l’ICC et les maulanas. Le Dr Farhad Aumeer, ancien président de l’ICC suggère de confier cette tâche aux agences de voyage spécialisées dans l’organisation de l’Umrah.

Showkutally Soodhun : « Des organisateurs sont motivés par le profit »

Le vice Premier ministre estime qu’il serait grand temps de revoir certains aspects de l’organisation du Hadj. Il est d’avis que certains organisateurs ont failli à leur tâche. Pire, à en croire le VPM certains opérateurs seraient « business-minded ».

Showkutally Soodhun envisage de confier toute l’organisation du Hadj 2017 au Board de l’ICC et aux maulanas. « Je pense qu’une collaboration entre l’ICC et les maulanas de toutes les écoles de pensée peut très bien contribuer à organiser le Hadj. Les opérateurs ont toujours engrangé d’énormes profits. Certes, tous ne sont pas les mêmes. Il y a certains qui sont plus responsables que d’autres », concède-t-il.

Le ministre responsable du dossier Hadj estime que les officiers de l’ICC ont l’expérience et les compétences nécessaires pour réussir. « Les officiers de l’ICC, à l’instar de Twaher Badullah et de Gafoor Cassim ont acquis beaucoup d’expérience pour l’organisation du hadj au fil des années. Sans compter que nous avons envoyé cette année des membres parmi la « Hadj Mission « pour qu’ils apprennent les rouages du Hadj. Et zot fine appran, zotte capav diboute lor zot propre lipied aster », dit le VPM qui se dit disposé à « donner un coup de main ‘en dehors, net en dehors ». « Il n’y aura pas tous ces problèmes lorsqu’on aura notre ambassadeur et nos officiers là-bas. C’était un de nos principaux manquements et c’est désormais résolu », déclare Showkutally Soodhun. Il ajoute que les femmes peuvent aussi apporter leur cont r ibut ion. « Madame aussi capave aider, mo pas croire qui ena ene problème ladans », conclut le vice-Premier ministre.

Selon lui, rien que pour la Hadj 2016, les opérateurs ont perçu au total Rs 7,8 millions (Rs 5 000 * pour chacun des 1 560 pèlerins. « Ajouté à cela, les pèlerins ont dû débourser une somme additionnelle pour le transfert de leurs valises de Makka à Madina. Je pense que les maulanas sont bien placés pour s’occuper de tout ce qui concerne les rites et l’aspect religieux. Ils bénéficieront du soutien de l’ICC et du gouvernement. Mais pour que l’ICC puisse réussir ce pari, il faut être discipliné car il est très difficile de satisfaire les pèlerins mauriciens. Mo penser quand maulana prend sa responsabilité là, personne pas pou abuser couma zot abuser avec ICC », ajoute Showkutally Soodhun.

Fareed Jaunboccus : « Non à la politisation »

Il était parmi l’un des cinq membres de la Hadj mission en 2015. Fareed Jaunboccus, membre du Board de l’ICC a dû faire face, l’année dernière, à de nombreux problèmes rencontrés par les pèlerins. Malgré cela, il considère que les membres de la Hadj Mission ont su gérer de manière efficace les soucis causés par les évènements inattendus. « Il y avait notamment 115 pèlerins additionnels à la dernière minute. Il a fallu trouver un hôtel en moins de 48 heures et les faire prendre en charge par les opérateurs qui, au départ, n’étaient pas favorables à cette idée. Sans compter la chute d’une grue à la Grande Mosquée ou encore la bousculade de Mina qui avait fait plusieurs milliers de morts, dont 5 Mauriciens, deux incidents qui étaient indépendants de notre volonté », explique-t-il.

Pour toutes ces raisons, l’expert comptable estime que le Board de l’ICC peut organiser le Hadj mais à certaines conditions. « Il n’y a pas de raisons pourquoi l’ICC ne peut organiser le hadj. Si les opérateurs peuvent le faire alors pourquoi pas les membres de l’ICC. Cependant, il y a deux conditions essentielles à cela. D’abord, il faut cesser de politiser à outrance le Centre Culturel Islamique de même que l’organisation du Hadj. C’est en agissant de cette manière que tout va de travers. Ensuite, il faut éviter de nommer des « yes men » dépourvus de toute objectivité », déclare Fareed Jaunboccus.

La transparence et la bonne gouvernance seraient aussi deux éléments fondamentaux pour la réussite de l’organisation du Hadj. « Si l’ICC agit de manière professionnelle et qu’on lui donne l’indépendance nécessaire pour fonctionner, il va pouvoir mettre sur pied une équipe de personnes honnêtes, intègres et capables pour la gestion du Hadj de A à Z. Cela comprend également la création d’une équipe Pre-hadj mission avec les compétences nécessaires. Mais aussi et surtout, que tout se fasse dans la transparence et la bonne gouvernance, ‘pas en catimini ou à l’insu des responsables et dans l’intérêt de la communauté musulmane », souligne-t-il.

Farhad Aumeer : « Confier aux agences de voyage »

L’ancien président du Board de l’ICC, le Dr Farhad Aumeer, exprime une opinion sans équivoque. Le Board de l’ICC n’aurait pas les compétences nécessaires pour organiser le Hadj. « Il est clair que c’est le Board de l’ICC qui a organisé le Hadj cette année. Mais, que les instructions viennent du ministre responsable du dossier hadj ou pas, c’est le personnel de l’ICC qui a pris la responsabilité de l’hébergement des pèlerins à Makka et à Madina. Ils l’ont fait également dans le passé. Pour les deux fois, les résultats ont clairement démontré que peut- être, le Board de l’ICC ne serait finalement pas à la hauteur pour la gestion d’un dossier aussi complexe que le Hadj », affirme le Dr Farhad Aumeer.

Celui qui a été à la tête du Board de l’ICC pendant 6 ans explique que quelque 1000 Mauriciens vont accomplir l’Umrah chaque année. La différence entre l’Umrah et Hadj se trouve dans les cinq jours du Hadj. Selon notre interlocuteur, il n’y aurait pas de grande différence par rapport au nombre de pèlerins en Arabie saoudite. « Je pense qu’il est temps de permettre aux agences de voyages réputées d’organiser le Hajj. Elles doivent présenter une garantie bancaire solide, une gestion acceptable et disposées à dispenser la formation à leurs futurs pèlerins. Alors, les opérateurs, s’ils le souhaitent, peuvent proposer leurs services en tant qu’intermédiaires à ces agences de voyage. Celles-là restent néanmoins responsables des pèlerins depuis leur départ jusqu’à leur retour au pays. Il a été démontré qu’il n’y a pas de problème lorsque ce sont des agences de voyage qui organisent l’umrah », soutient le Dr Farhad Aumeer.

En ce qu’il s’agit de l’héberge-ment,notre interlocuteur estime que l’on aurait tort de penser que les pèlerins veulent tous des hôtels cinq étoiles. « Les Mauriciens ne veulent pas tous des hôtels cinq étoiles.. Ce qu’ils cherchent c’est un logement décent mais qui est surtout près en termes de distance, avec la Grande Mosquée. Bref, ils avaient avec un but précis : accomplir le Hajj dans les meilleures conditions », conclut-il.

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