vendredi , 23 août 2019
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Dadi Sayeroum

À 89 ans, elle partira accomplir le hadj : Dadi Sayeroum déterminée après deux voyages manqués

Elle sera l’invitée de marque de la délégation mauricienne. Beebee Sayeroum Mauderbacus, née Antarooa, fêtera son 89ème printemps le jour où elle posera les pieds à Makka. D’après le registre de l’ICC, Dadi Sayeroum serait la  Mauricienne la plus âgée à se rendre à La Mecque cette année.

Elle nous accueille avec le sourire et nous invite à fermer la porte si nous sentons que le temps est glacial. Lors de notre rencontre, nous avons constaté que Dadi Sayeroum  a toujours une bonne mémoire et jouit d’une bonne santé. Elle habite à  La Caverne, Vacoas, à quelques encablures de la résidence de Sir Anerood Jugnauth.  Malgré le froid, elle ne porte ni chandail ni tricot de laine.

Pour elle, c’est un temps normal.  Entourée de son fils et ses belles filles,  Dadi Sayeroum nous explique que c’est un privilège pour elle d’être accompagnée par son fils Mohamed, sa belle fille Nazleen et son petit-fils Farhad pour accomplir le hadj pour la première fois de sa vie. Pour elle, le vrai bonheur c’est d’être devant la kaaba à admirer sa beauté qui fait rêver des millions de personnes.

Épreuves de la vie

Dadi Sayeroum nous parle alors de son voyage qui a pris forme depuis qu’elle a appris qu’elle sera accompagnée de son fils. En deux occasions, elle avait préparé son voyage pour le hadj , mais Allah avait décidé autrement. La première fois, son fils qui devait l’accompagner est mort quelques mois seulement avant le  hadj. Elle est passée par une deuxième épreuve : l’argent qu’elle avait économisé pour le  hadj, elle l’a utilisé pour des soins médicaux de sa fille. Quelque temps après, cette dernière décède à son tour.

C’est Allah qui décide quand  une personne sera appelée à accomplir le hadj. Pour beaucoup le hadj est une ambition, un véritable objectif»

Pour Dadi Sayeroum, le Créateur a testé son endurance et sa foi. Elle n’allait pas jeter  les armes et rêvait toujours  d’accomplir le hadj. Elle va économiser une partie de sa pension de vieillesse et pour le reste c’est son fils qui prendra la charge. « Cette fois-ci c’est la bonne », nous dit Dadi Sayeroum les larmes aux yeux.

Elle nous dit aussi que le  hadj c’est un rêve pour beaucoup, mais c’est un rêve souvent irréalisable et souvent très lointain. «  C’est Allah qui décide quand  une personne sera appelée à accomplir le hadj. Pour beaucoup le hadj est une ambition, un véritable objectif », estime-t-elle.

Malgré son âge avancé, Dadi Sayeroum ne souffre d’aucune maladie et ne prend pas des médicaments. Sa recette de santé c’est sa capacité à garder une bonne hygiène de vie. À l’âge de 38 ans, elle perd son époux.Avec plusieurs enfants sur les bras, elle est obligée de chercher un emploi pour faire bouillir la marmite. Elle  va travailler très dur comme laboureuse pendant des années dans les champs de canne à sucre pour l’établissement sucrier de Médine. Quelques années de cela , elle a pris sa retraite. Mais, tous les jours elle arrache les folles herbes dans son jardin. Dadi Sayeroum mange beaucoup de légumes et se couche de bonne heure. Souvent, elle marche dix kilomètres pour se rendre à la montagne Trois Mamelles et refait le chemin du retour toujours à pied, question de garder la forme.

Dadi Sayeroum : « Mo content marcher et jamais mo pas gagne douleur »

Dadi Sayeroum se souvient qu’elle avait eu comme ami de classe  un certain Anerood Jugnauth. Elle n’habite pas loin de l’ancien Premier ministre et quand leurs regards se croisent, un sourire suffit pour faire comprendre que leur amitié est toujours vivante.

Dadi se lève à quatre heures du matin tous les jours. Elle fait ses ablutions avec l’eau froide et accomplit le namaz Tahajjud en attendant l’appel du muezzin pour le namaz Fajr. Elle ne rate jamais le jeûne et accomplit des prières surérogatoires pour renforcir sa foi. Elle est  très heureuse  à l’idée qu’elle sera accompagnée par son fils et son petit-fils. « Allah fine donne moi banne bon zenfan et tizenfan», dit-elle encore.

Quand nous lui demandons ce qu’elle compte accomplir à Makka et à Madinah, elle répond avec le sourire. « Mo pou demande duah pou mo zenfan et pou l’éducation banne petits enfants et tous familles ki malade » . Que désire-t-elle encore à cet âge? Encore une fois elle sourit et répond qu’elle voudrait retourner vivre auprès de sa famille. « Mais si Allah décider qui mo pou bizin reste cotte li mo accepter So décision », lâche-t-elle.

Ses yeux pétillant de bonheur, elle nous dit avec conviction que le hadj à 89 ans c’est le plus beau cadeau de sa vie. « Jour ki mo pou rentre Makka mo pou gagne 89 ans ». Elle remercie le Créateur qui la protège et lui  accorde une bonne santé. Elle souhaite aussi que d’autres membres de sa famille puissent avoir l’opportunité d’accomplir le hadj. Dadi Sayeroum dit un  au revoir à tous ceux et celles qu’elle n’a pu rencontrer et leur demande de garder confiance en Allah.

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